Banlieues : un an après, les tensions demeurent

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

Banlieues : un an après, les tensions demeurent

Le 27 octobre 2005 la mort de deux adolescents fuyant la police à Clichy-sous-bois mettait le feu aux poudres des banlieues, un an après acteurs de terrain et pouvoirs publics s'emploient à prévenir une nouvelle explosion toujours possible.

Vendredi, tous les yeux seront braqués sur Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ce "9-3" où une année auparavant, le 27 octobre 2005, Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, sont morts électrocutés après s'être réfugiés dans un transformateur EDF pour échapper à la police.

Une marche silencieuse, des hommages et débats commémoreront le tragique événement, qui avait enflammé les banlieues jusqu'au 20 novembre 2005.Les autorités et les acteurs de terrain, ainsi que de nombreux habitants interrogés par des médias très présents, ont confirmé les risques d'une résurgence de la violence.

Dans des quartiers sensibles, qui cumulent les handicaps sociaux (pauvreté, chômage massif des jeunes, échec scolaire, délabrement des services publics, recul de la mixité sociale), la perception que rien n'a véritablement changé en un an domine largement.

Ainsi, selon les Renseignements généraux, "la plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective sur une grande partie du territoire métropolitain sont toujours réunies".

De fait, les dernières semaines ont été marquées par plusieurs incidents sérieux entre jeunes et policiers, parfois pris dans des guets-apens, au cours desquels des fonctionnaires ont été blessés: à Corbeil-Essonnes (Essonne), aux Mureaux (Yvelines), à Epinay-sur-Seine et Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et dimanche à Grigny (Essonne) où des personnes ont dû descendre en hâte d'un autobus incendié.

D'octobre 2005 à septembre 2006, l'Observatoire national de la délinquance a recensé une hausse de 9,78% des violences contre les "dépositaires de l'autorité".

Claude Dilain, maire PS de Clichy, a pu évoquer la "désillusion" de nombre d'habitants, expliquant: "On ne peut nier qu'on a obtenu certaines choses mais globalement les Clichois sont très déçus".

Eloge de la diversité et volonté de faire reculer les discriminations, lutte contre l'échec scolaire, soutien relancé aux associations, plan de rénovation urbaine: le gouvernement n'est pas resté les bras croisés au lendemain des émeutes mais à quelques mois des élections son engagement de long terme apparaît à beaucoup hypothétique et de toute façon peu lisible au quotidien.

"Je bosse douze heures par jour depuis 18 mois et j'ai le sentiment que tout ce qu'on fait ne parvient pas aux oreilles ni au pied des immeubles HLM", a confié, amer, Azouz Begag, ministre à la Promotion de l'égalité des chances.

Jouant aussi la fermeté, le gouvernement a averti que les auteurs de coups et blessures contre policiers, gendarmes ou pompiers encourront jusqu'à 15 ans de réclusion, "s'ils ont agi armés en bande organisée ou dans le cadre d'un guet-apens", a rappelé Dominique de Villepin dans un entretien au Monde.

Mais le Premier ministre veut aussi tenir compte du "sentiment de harcèlement" de certains jeunes de banlieue.

Les maires msoulignent qu'à la moindre étincelle tout peut recommencer, même si d'aucuns jugent que la presse en a trop fait sur un "anniversaire" de nature à "raviver" les passions.

Le sujet des banlieues s'est en tous cas invité dans la campagne électorale, avec un nouvel affrontement droite-gauche sur les mérites respectifs de l'autorité et de la solidarité.
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