Banlieues : tops et flops du gouvernement

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

Banlieues : tops et flops du gouvernement

y a un an, de violentes émeutes enflammaient les banlieues des grandes villes. La situation était telle que le gouvernement décrétait l’état d’urgence.

A la suite de ces violences, Jacques Chirac lui-même avait annoncé une série de mesures. Un an après, certaines sont bien entrées dans les faits… mais pas toutes.
 

CE QUI A FONCTIONNE :
Des zones franches pour l’emploi  : Depuis cet été, la France compte exactement 100 zones franches urbaines en banlieue, des endroits où les entreprises paient moins d’impôts et de charges. A la suite des violences de 2005, le gouvernement a en effet décidé d’en créer 15 supplémentaires, par exemple à Douai (Nord), ou encore dans le quartier de La Duchère à Lyon. Il s’agit d’attirer les entreprises dans les quartiers, pour y créer des emplois.

Certaines zones déjà existantes ont, de plus, été étendues. Par exemple celle de Clichy-sous-Bois/Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. C’est dans ces deux communes qu’ont commencé les émeutes, le 27 octobre 2005.

Cette mesure est bien entrée dans les faits, mais les résultats sur l’emploi ne sont pas connus.


Une agence contre les discriminations
  :  Pour veiller à l’intégration des immigrés et lutter contre les discriminations, un nouvel organisme a été créé : l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances. Instaurée par la loi sur la cohésion sociale du printemps 2006, cette agence existe bel et bien. Elle a été inaugurée… la semaine dernière.

Un nouveau service civil : 
  Le 17 novembre 2005, après trois semaines de violences, Jacques Chirac annonce à la télévision, la création d’un service civil volontaire, en priorité destiné aux jeunes en difficultés. Cette mesure prévoit que les 16-25 ans puissent accomplir, pendant six mois minimum, une mission d’intérêt général dans la police, les établissements de santé, les associations culturelles ou sociales, etc.

L’objectif est de développer le sens civique, mais aussi faciliter l’intégration professionnelle. Là encore, le dispositif est en place. Il a déjà accueilli ses premiers volontaires.


CE QUI N'A PAS FONCTIONNE :
Le CV anonyme finalement pas obligatoire. Pouvoir postuler à un emploi sans indiquer son nom ni sa commune de résidence semblait être une réponse à la discrimination à l’embauche. C’est pourquoi la loi sur la cohésion sociale du printemps 2006 rendait le CV anonyme obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus.

Sept mois plus tard, la mesure n’est pas entrée en vigueur. Le décret d’application n’a pas été adopté. Le gouvernement, en accord avec les syndicats et les organisations patronales, préfère commencer par « expérimenter » çà et là ce CV anonyme, jusqu’à la fin de l’année prochaine. Mais quelques grandes entreprises l’ont adopté, par exemple Axa, PSA Peugeot Citröen ou encore BNP Paribas.


Où sont passées les subventions ?
Le plan du gouvernement prévoyait le déblocage de 700 millions d’euros de subventions. « Nous ne savons pas où est passé l’argent alloué aux banlieues », s’indigne Samir Mihi, président de l’association Au-delà des mots, à Clichy-sous-Bois. « Les associations de terrain que je connais me disent qu’elles ont toujours autant de difficultés. »

Le plan devait répartir 600 millions vers les municipalités et 100 millions vers les associations. Mais parmi celles-ci apparemment, seules les plus grandes en ont bénéficié. Hassan M’Barek, porte-parole du collectif Banlieues respect, souhaite désormais l’ouverture d’un débat parlementaire sur le sujet.


La même incompréhension entre police et jeunes  :
« S’il n’y a pas le respect, on ne peut rien construire de positif dans les banlieues », a expliqué Hassan M’Barek à Dominique de Villepin alors que le Premier ministre recevait des associations des cités il y a une dizaine de jours.

Sur ce point, rien n’a changé, constate Sébastian Roché, spécialiste des banlieues au CNRS. Les rapports conflictuels qui existent entre les jeunes et les policiers étaient l’une des principales causes des émeutes de 2005. Il conclut donc : « De nouvelles violences sont possibles ».

Symboliquement, les associations demandent que les policiers soient obligés de vouvoyer les jeunes dans les cités.
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