Le soutien de Jospin à Royal "va de soi"
Le soutien de Jospin à Royal "va de soi"L'ancien Premier ministre a fait savoir mercredi sur son blog qu'il soutenait Ségolène Royal et qu'il "s'efforcerait de contribuer à la victoire contre la droite". Devant ses amis réunis mardi soir, l'ancien Premier ministre leur a demandé d'être "bons camarades".
Silencieux depuis le triomphe de Ségolène Royal, Lionel Jospin lui a apporté mercredi son soutien. "Certains d'entre vous m'ont demandé quelle sera mon attitude lors de la prochaine présidentielle. La réponse va de soi", explique l'ancien Premier ministre sur son blog. "D'une façon ou d'une autre, je m'efforcerai de contribuer à la victoire contre la droite", poursuit Lionel Jospin. En milieu de journée, Ségolène Royal s'est dite " très heureuse de ce mouvement de rassemblement". L'action de Lionel Jospin "a fait honneur à la France. Son soutien m'est tout à fait précieux comme celui de tous les anciens Premiers ministres, en particulier celui de Pierre Mauroy", a-t-elle précisé.
L'ancien Premier ministre a retrouvé ses amis mardi soir à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre qui ne s'est exprimé qu'à la fin de la rencontre est resté "très neutre" et "prudent", selon l'un des participants. Peu surpris par le résultat de la primaire socialiste, il l'explique par la vague de nouveaux adhérents au PS mais aussi par la peur de Nicolas Sarkozy. Mais, prévient-il, ce réflexe "tout sauf Sarkozy" n'aura pas le même impact chez les Français et n'est pas la garantie d'une victoire de la gauche en mai prochain.
Revenant sur les raisons du raz-de-marée ségoliste, des jospinistes ont reconnu que la présidente de la région Poitou-Charentes avait réussi à raccrocher un électorat plus rural, électorat que la gauche avait perdu. Ses scores à la campagne ont en effet souvent avoisiné les 70%, les militants parisiens ne lui ayant accordé que 47% des suffrages.
Comment la candidate doit-elle associer le parti socialiste à sa campagne ? Depuis sa désignation, les dirigeants veulent éviter d'être marginalisés même si Laurent Fabius et DSK ont affirmé qu'ils n'entendaient pas entrer dans un processus de négociation avec elle. François Hollande a lui fait son "come-back" médiatique le week-end dernier pour revendiquer le "rôle central" du PS dans la future campagne. "On entre dans une cohabitation de velours", analysait lundi un cadre de la rue de Solférino.
Sur cette question du rapport entre le candidat et le parti, Lionel Jospin a rappelé mardi soir qu'en 2002, il y avait eu aussi un débat entre lui, alors candidat, le parti et le Premier secrétaire et que c'était normal.
"Acteurs et pas commentateurs" : Rappelant cela, il a toutefois incité ses amis à être "des acteurs et pas des commentateurs". Il a encore souligné qu'il trouverait logique qu'ils soient dans l'équipe de campagne, et qu'il regarderait "avec intérêt" le sort qui leur sera fait. Selon lui, il faut "être bon camarade et ferme sur les principes", une référence à une déclaration de Daniel Vaillant, son plus proche fidèle, selon lequel il faut être "bon camarade". "Lionel Jospin donne l'impression qu'il reste pour nous protéger plus que pour lui-même", résume ce participant.
Protéger ses amis et rappeler sur son blog un vécu douloureux : "Quant aux scénarios écrits d'avance comme en 2002, vous avez bien raison de vous en méfier. Ils nous ont joué un mauvais tour il y a cinq ans, avec la division de la Gauche. Il vaut mieux se tenir sur ses gardes en 2007".