Débats PS : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Débats PS : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?Les candidats à l’investiture PS s’apprêtent à disputer leur deuxième débat télévisé. La question qui est sur toutes les lèvres et qui constitue le seul intérêt de ces débats ultra-formatés, c’est : vont-ils enfin s’écharper ?
De l’avis général, la première mouture de cet affrontement fut bien décevante. Respect strict des plages de parole, critiques indirectes non-nominatives, sourires aimables et autres politesses, peu caractéristiques du genre.
La raison de ces précautions infinies est connue : éviter que les candidats PS ne s’étripent publiquement, avant d’affronter le véritable ennemi, le candidat de la droite Nicolas Sarkozy, selon toutes vraisemblances. Surtout ne pas donner des armes à son ennemi de demain et ne pas endommager l’image du PS avant « le vrai » combat.
Les échanges doivent donc uniquement porter sur le fond, sur le contenu des réformes proposées par chacun, afin que les militants se décident véritablement, en connaissance de cause.
Le problème de cette logique, c’est qu’elle ne tient pas compte du mode de fonctionnement des militants. Plus encore que les sympathisants, ces-derniers sont soucieux de la réussite de leur parti et sont capables de beaucoup plus de compromis pour arriver à cette fin.
Concrètement, cela signifie que le militant vote davantage avec sa tête qu’avec son cœur. Qui est le plus à même de l’emporter au final ? Voilà sa priorité. Même s’il a une inclination naturelle vers tel ou tel candidat, il choisira le plus fort. Car, pour lui, rien n’est pire que la victoire du clan d’en face.
Or, le militant plus que tout autre citoyen, sait qu’une élection, en particulier présidentielle, se joue aussi sur du non-rationnel, de la forme, de la présence, des petites-phrases, de la répartie… Le militant a donc impérativement besoin de savoir si son candidat tiendra bon de ce point de vue, le jour "J", face à l’ennemi.
Forcément, avec ces débats calibrés et policés, il n’a quasiment aucun moyen d’évaluer cette compétence. Dommage, la surprise pourrait n’en être que plus douloureuse pour eux, le moment venu. Dans l'intérêt du PS, les dormeurs doivent se réveiller.
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