Ségolène Royal : surtout, pas de vagues
Ségolène Royal : surtout, pas de vaguesLe 16 novembre prochain, les militants PS choisiront qui de Fabius, Ségolène ou DSK affrontera le candidat de la droite en mai prochain. D'où l'agitation palpable et la multiplication des déclarations des prétendants. Il s'agit de se positionner et d'adopter le créneau électoral le plus juteux et le plus crédible.
Fabius a choisi un ancrage très à gauche, très anti-libéral, fustigeant les patrons scélérats qui osent délocaliser leurs activités. Et de réclamer une taxe "délocalisateur-payeur" pour pénaliser ces entreprises.
DSK, lui, s'oriente plutôt au centre-gauche, tâchant de fédérer les modérés de tous bords. Il appelle ainsi à faire émerger un "nouveau compromis social", terme éloquent qui fleure bon le social-libéralisme.
Seule Ségolène semble décidée à ne pas choisir de ligne claire et se montre soit très floue, soit très consensuelle. On ne l'entend t-on guère que sur les sujets les moins polémiques : l'écologie, la paix au Proche-Orient...
Ainsi la Madone propose-t-elle crânement une "TVA à taux zéro" sur les énergies renouvelables en Europe et préconise une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient. Autant de sujets peu impliquants qui ne risquent guère de soulever des tempêtes d'indignation.
Même lorsqu'elle réclame le rétablissement de l'aide européenne aux Palestiniens, elle se garde bien d'évoquer de quelle manière. Ségo esquive ainsi la question de l'attitude à adopter à l'égard du Hamas, désormais à la tête du pays. "On ne peut sacrifier les peuples pour je ne sais quel résultat politique" clame t-elle généreusement. Quid du financement d'une organisation terroriste clamant la destruction, ni plus ni moins, d'Israël ?
Mais, à propos de l'entrée de la Turquie dans l'Europe, lorsqu'elle assure que "son opinion est celle du peuple français", elle est prise en flagrant délit de démagogie. Et quand elle élude sa réponse sur les moyens de construire un islam de France par un "je répondrai à la question plus tard", elle trahit un manque de fond.
DSK s'emporte : "un candidat doit avoir une opinion sur les grands sujets". Fabius, lui, ironise :"il faut aller au fond des choses et ne pas se contenter de formules".
Mais Ségolène ne se démonte en aucune façons, avouant avec humilité n'avoir pas "réponse à tout" ou se réfugiant derrière le machisme de ses adversaires. De toutes façons, elle sait que la bataille ne se joue pas sur le fond, mais sur l'image. Tant qu'elle sera sympathique, sereine et n'abordera pas les sujets qui fâchent, tout ira bien pour elle. Surtout, pas de vagues...
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