Clearstream : Raffarin "a demandé à Villepin" de procéder à des "vérifications"
Clearstream : Raffarin "a demandé à Villepin" de procéder à des "vérifications"Jean-Pierre Raffarin a déclaré jeudi aux juges qu'il avait demandé en juillet 2004 à M. de Villepin des "vérifications" sur les listings Clearstream, ignorant alors que son ministre avait déjà demandé une enquête, selon des extraits de son audition publiés vendredi sur le site internet du quotidien le Monde. M. Raffarin a été entendu plus de six heures jeudi par Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en charge de ce dossier.
Selon le quotidien, M. Raffarin leur a affirmé qu'il n'avait pris connaissance de l'affaire que le 5 juillet 2004, lors d'un entretien avec M. de Villepin, devenu récemment ministre de l'Intérieur. Ce dernier l'informe alors de "la parution prochaine de divers articles de presse faisant état d'une affaire de financement à l'étranger".
Le 8 juillet 2004, M. de Villepin - a expliqué aux juges M. Raffarin - lui "fait part du contenu de l'article du (magazine) Le Point avec l'ensemble des éléments qui allaient paraître dans ce journal. Il s'agissait donc de la référence au dossier frégates, de la référence aux rivalités industrielles, la référence aux fichiers Clearstream, et la probabilité que le père du membre du gouvernement, évoqué dans le Point, était le père de Nicolas Sarkozy". "J'ai demandé à M. de Villepin de procéder aux vérifications nécessaires pour savoir ce qu'il en était exactement", a affirmé M. Raffarin.
Selon l'ancien Premier ministre, c'est à la suite de cette demande que M. de Villepin a saisi la DST. M. Raffarin affirme cependant que M. de Villepin, alors au Quai d'Orsay, ne l'a pas prévenu qu'il avait demandé une première enquête au général Philippe Rondot, conseiller du ministre de la Défense lors de la fameuse réunion du 9 janvier 2004. L'ancien Premier ministre dit n'avoir "été informé ni de la tenue ni de la teneur de cette réunion".
Selon les notes du général Rondot, cette première enquête devait s'intéresser tout particulièrement à Nicolas Sarkozy. Le Monde écrit que M. Raffarin n'en prendra connaissance, par la presse, qu'au printemps 2006. "Je n'ai été informé que des vérifications faites par la DST (...). Il y a souvent eu, dans l'histoire de la République, des démarches parallèles, ce ne sont pas celles qui donnent les meilleurs résultats", a-t-il estimé.
Selon M. Raffarin, dont les propos sont rapportés par le quotidien, M. de Villepin était "fondé" à s'intéresser au dossier, "dans la mesure où il s'agit d'une affaire à connexion internationale".
En outre, M. Raffarin affirme que "jamais le président de la République n'a évoqué ce dossier avec lui durant ses trois années de fonction" ni d'"éventuelles instructions qui auraient été données par le président de la République à M. de Villepin."
M. Raffarin affirme qu'il a prévenu M. Sarkozy de la présence du patronyme de sa famille (Nagy Bocsa) sur les listings : "J'ai eu une conversation avec Nicolas Sarkozy aussitôt après avoir été informé par Dominique de Villepin, c'était au cours de la même semaine du 5 juillet 2004. Je lui ai dit que le père du membre du gouvernement cité dans Le Point serait le nom de son père. Il me semble qu'il n'était pas informé. Et c'est là où il m'a fait part de son immense incompréhension."
Selon M. Raffarin, M. de Villepin "n'a pas jugé suffisant son niveau de certitude sur ces implications pour saisir le chef du gouvernement". "Le ministre des Affaires étrangères a apprécié, à l'époque, le niveau de qualité de ces informations et n'a pas jugé nécessaire, semble-t-il, d'en aviser ses collègues", a-t-il ajouté.
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