Lancement officiel d'Unitaid, nouvel outil anti-pandémies
Les présidents français Jacques Chirac et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont participé au lancement officiel d'Unitaid, mécanisme de financement visant à aider les pays pauvres à mieux lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose.
"Face à ces fléaux qui déciment des générations, déstabilisent des sociétés, dévastent des nations, notamment en Afrique, nous avions le devoir d'imaginer une réponse efficace et solidaire", a déclaré Jacques Chirac au cours d'une cérémonie mardi au siège de l'Onu, en marge de la 61e Assemblée générale.
Etaient présents le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, le président norvégien Jens Stoltenberg et le chef de l'Etat congolais Denis Sassou N'Guesso, qui préside actuellement l'Union africaine.
L'ancien président américain Bill Clinton, dont la fondation a d'ores et déjà prévu de lancer plusieurs projets en partenariat avec Unitaid, est également intervenu.
Selon des chiffres officiels, le sida touche 40 millions de personnes dans le monde, et 90% des nouveaux cas d'infection ont lieu dans les pays en voie de développement.
Un enfant meurt toutes les 30 secondes du paludisme en Afrique et la tuberculose tue deux millions de personnes par an, dont un demi million sur le continent africain.
Le programme Unitaid consiste à créer une centrale d'achat de médicaments afin de fournir aux pays pauvres, à des prix abordables, des remèdes contre ces pandémies.
Taxe sur les billets d'avions : "Unitaid repose sur un principe simple: affecter à l'achat ou à la production de médicaments une part infime des immenses richesses créées par l'accélération des échanges, pour que la mondialisation de la solidarité réponde à celle de l'économie", a expliqué Jacques Chirac.
En France, le système est financé par la taxe sur les billets d'avion instaurée le 1er juillet dernier. Il devrait rapporter environ 50 millions d'euros cette année, et 200 millions par an à partir de 2007.
Selon les responsables d'Unitaid, 19 des 44 pays du groupe pilote ont engagé les procédures devant conduire à l'instauration d'une contribution sur les billets d'avion.
Outre la France, quatre pays ont aujourd'hui mis en place cette taxe: Chili, Côte d'Ivoire, Gabon et Maurice. La Norvège et la Grande-Bretagne contribuent à Unitaid par d'autres biais.
De nombreux pays, dont les Etats-Unis, restent réticents à ce système de "financement innovant" défendu par Jacques Chirac, qui souhaiterait le voir étendu à d'autres domaines, comme l'eau potable ou la lutte contre la malnutrition.
Le président français a appelé "tous les membres des Nations unies" à participer à cette "initiative fidèle à ces valeurs humaines de progrès et de fraternité qui forment un idéal partagé".
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