Accouchement sous X : préserver l'anonymat
Accouchement sous X : préserver l'anonymatL'Académie de médecine a estimé vendredi qu'il fallait garder le statu quo pour la législation sur l'accocuchement sous X et le don de sperme. Deux propositions de loi visaient à faire évoluer la législation.
L'Académie nationale de médecine s'est prononcée vendredi pour le maintien de la législation actuelle à la fois sur l'anonymat des donneurs de sperme et sur l'accouchement sous X. Les sages avaient lancé une réflexion sur l'accès aux origines personnelles à la suite de deux propositions de loi déposées en juin dernier par Valérie Pécresse, député UMP et rapporteur de la mission famille de l'Assemblée nationale.
Bien qu'il s'agisse de problèmes différents, la question de l'anonymat des donneurs de gamètes et celle de l'accouchement sous X ont en commun d'ouvrir le débat sur la filiation, ont indiqué les professeurs Georges David et Roger Henrion, membres de l'Académie nationale de médecine.
Changements prématurés : La députée a proposé de remplacer l'accouchement sous X par un "accouchement dans la discrétion", qui supprimerait la possibilité de l'anonymat. Selon le Pr. Henrion, l'Académie a "pris position à l'unanimité pour dire qu'il était prématuré de changer la loi actuelle". Il a rappelé en outre que cette loi avait été votée à l'unanimité des parlementaires en 2002.
Valérie Pécresse avait également suggéré de créer "un double guichet, anonyme ou non, pour le don de gamètes". Fondateur en 1973 du premier Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme, le Pr. David a déclaré qu'une modification du principe de l'anonymat des donneurs de sperme ouvrirait "une brèche dans le socle éthique du don de matériaux humains", qui repose sur l'anonymat et la gratuité. L'Académie estime donc "sage de maintenir pour le moment le statu quo législatif".