Coalition de circonstances PS-UDF pour une censure

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Coalition de circonstances PS-UDF pour une censure

Avant de présenter mardi la motion de censure à l'Assemblée nationale, le patron du PS a dénoncé lundi dans Le Monde la "prise en otage de l'Etat par la droite". Il estime que l'affaire Clearstream dépasse "l'affrontement droite-gauche", une position défendue par l'UDF François Bayrou.

Ce n'est pas la première pour Dominique de Villepin mais dans l'atmosphère actuelle de crise politico-judiciaire, la motion de censure discutée mardi à l'Assemblée revêt une signification particulière. Ainsi, pour François Hollande, " il n'y a plus de majorité ". Dans une interview publiée lundi par Le Monde, le patron du PS donne le ton de sa charge de mardi. Voter la motion de censure socialiste contre le gouvernement permettrait, selon lui, de "sortir de la crise". " Le gouvernement a perdu tout crédit et respect de lui-même. C'est à chaque député, au-delà des frontières politiques, de choisir en conscience", dit-il.

Dimanche soir sur TF1, le président de l'UDF n'aurait pas renié ses mots. François Bayrou a en effet annoncé qu'il voterait la censure et demandé à ses députés d'en faire autant, présentant ce geste comme " un acte d'opposant au déclin de la France ". "Bienvenue à tous ceux qui voudront rendre ce service à la nation, bienvenue à tous les députés d'où qu'ils viennent", avait déclaré dimanche François Hollande. Le vote de la censure ne serait plus "la répétition d'affrontements gauche-droite mais une réponse institutionnelle qui doit rassembler large", renchérit-il dans Le Monde. "Je ne considère pas que François Bayrou soit dans l'opposition avec la gauche mais je considère qu'il n'y a plus de majorité."

Sarkozy, "raie-fausse victime" : L'offensive de François Hollande vise particulièrement Nicolas Sarkozy qui brigue la succession de Jacques Chirac et se présente, dans l'affaire Clearstream, en victime d'une tentative de manipulation. "Nicolas Sarkozy a choisi de rester au gouvernement pour ses seuls intérêts, afin de poursuivre de l'intérieur son rapport de force avec le président et le Premier ministre", affirme-t-il. " Le président de l'UMP, qui prétend être l'homme de la rupture,est celui des petits arrangements." Le dirigeant socialiste qualifie Nicolas Sarkozy de "vraie-fausse victime" qui "sape chaque jour le crédit de l'équipe à laquelle il appartient". Il réaffirme qu'il est favorable au respect des échéances mais laisse entendre que le PS ne serait pas pris de court par des élections présidentielle et législatives anticipées. "Nous serions prêts. Notre projet va être adopté fin juin nos candidats aux législatives seront choisis à la même date et à tout moment nous pouvons convoquer nos militants pour désigner notre candidat(e) à l'élection présidentielle", dit-il.

Réagissant à ces attaques, l'UMP, par la voix de sa porte-parole Valérie Pécresse, a affirmé que le Parti socialiste, "instrumentalisait" l'affaire Clearstream "à des fins politiques".  Sur le papier, la censure n'a aucune chance d'être adoptée : Nicolas Sarkozy a choisi de rester à son poste de ministre de l'Intérieur, mettant entre parenthèses son conflit avec Dominique de Villepin sur l'affaire Clearstream. Or, l'UMP détient la majorité absolue à la chambre (364 députés, apparentés compris, sur 577).

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Publié dans Affaire Clearstream

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