Nicolas Sarkozy justifie la prorogation de l'état d'urgence
Nicolas Sarkozy justifie la prorogation de l'état d'urgenceLe ministre de l'Intérieur a justifié à l'Assemblée nationale, au vu des tensions persistant dans les banlieues, la prolongation pour trois mois de l'application de la loi de 1955 sur l'état d'urgence, que les députés étaient invités à voter dans la soirée.
"Cette prorogation est nécessaire au regard des tensions que nous constatons encore", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a assuré que l'état d'urgence avait "été, est et sera appliqué avec discernement et mesure par le gouvernement".
"Au nom de l'efficacité dans la restauration de la paix publique, il est sage, il est raisonnable d'envisager la prorogation de l'état d'urgence pour une période de trois mois au plus à compter du lundi 21 novembre", a-t-il ajouté.
Le projet de loi prévoit que si les conditions de l'état d'urgence ne sont "plus réunies ou justifiées", un décret en conseil des ministres peut y mettre fin avant la fin de cette période de trois mois, a-t-il rappelé.
Le ministre de l'Intérieur a une nouvelle fois exprimé sa fermeté face à la violence urbaine, déclarant aborder "cette épreuve avec fermeté mais aussi avec justice".
"Ce combat est engagé sans circonvolution et sans complaisance. Le temps des hésitations est bel et bien terminé, celui des excuses et de l'impunité aussi", a-t-il souligné.
Il a affirmé qu'il y avait un "parallèle incontestable" entre les violences urbaines de ces dernières semaines et la "stratégie offensive" qu'entend poursuivre le gouvernement "autant qu'il le faudra pour éradiquer les trafics et les trafiquants" dans les banlieues.
"Certaines bandes se rebiffent dès lors que la République reconquiert les territoires qui ont été trop longtemps délaissés", a-t-il dit. "Le retour de l'autorité républicaine n'est pas indifférent à l'agitation de certaines cités, dont une minorité d'individus se pensaient être les seuls maîtres."
"L'HEURE DE VERITE A SONNE" : Il a fait valoir, à l'appui de cette thèse, que "75 à 80% des personnes interpellées" pendant la crise des banlieues étaient déjà connues des services de police.
"L'heure de vérité a sonné et l'enjeu est considérable", a-t-il ajouté. "Si nous ne ramenons pas l'ordre de la République dans ces quartiers, ce sera l'ordre des bandes ou l'ordre des extrémistes. Et cela nous n'en voulons à aucun prix."
La diminution très nette des violences ces dernières nuits "semble indiquer un progressif retour au calme, même si rien n'est encore définitivement acquis", a souligné le ministre de l'Intérieur.
Il a plaidé pour "une nouvelle politique républicaine" afin de "rompre avec les mensonges que trop souvent nous nous fîmes à nous-mêmes et derrière lesquels les conservatismes et les blocages prospèrent à l'abri de la pensée unique".
"Elle doit nous conduire à rompre avec l'angélisme coupable qui a amené à ne pas employer les mots et les actes qui convenaient au regard de l'urgence. Elle doit nous contraindre à engager un débat de fond avec la société française", a-t-il dit.
Il a estimé qu'en "tendant une main fraternelle et audacieuse vers ces quartiers où se concentrent tous les problèmes, c'est en réalité une main que nous tendons à toute la France, qui est en quête d'une espérance collective".
Les groupes UMP et UDF ont annoncé qu'ils voteraient le texte. Les groupes PS et PCR ont dit qu'ils voteraient contre. Le Sénat examinera à son tour ce projet de loi mercredi.
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