Villepin et Sarkozy justifient l'état d'urgence
Villepin et Sarkozy justifient l'état d'urgenceL'Assemblée nationale a voté mardi la prorogation pour 3 mois de la loi de 1955. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur avaient justifié peu avant la prolongation de l'état d'urgence dans les banlieues.
L'Assemblée nationale a voté mardi la prorogation pour trois mois de l'application de la loi de 1955 instituant l'état d'urgence afin de répondre à la crise des banlieues. Le texte a été voté par 346 voix contre 148 et 4 abstentions.
Le projet de loi avait été débattu peu avant, l'occasion pour Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin de s'exprimer sur la crise des banlieues. Le Premier ministre a ainsi déclaré que "tout serait mis en oeuvre pour accélérer l'indemnisation des victimes" des violences dans les banlieues. Le ministre de l'Economie "Thierry Breton fait chaque jour le point avec les assureurs qui ont d'ores et déjà accepté une extension de leurs garanties de voitures brûlées", a-t-il affirmé dit lors de la séance des questions d'actualité.
Un peu plus tard, le numéro 2 du gouvernement a fait le point sur la situation, après 20 jours d'émeutes. Les personnes interpellées pour leur implication dans les émeutes sont pour "75 à 80%" d'entre elles, "déjà connues pour de nombreux méfaits", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Outre des facteurs "économiques et sociaux", les violences sont imputables, selon lui, à "la volonté de ceux qui ont fait de la délinquance leur activité principale, de résister à l'ambition de la République de réinstaller son ordre, celui de ses lois, dans le territoire. Nicolas Sarkozy a indiqué que dix procédures d'expulsion d'étrangers ayant participé aux émeutes des banlieues avaient été "engagées".
Territoires trop longtemps délaissés : Le ministre a annoncé "dix opérations lourdes (...) programmées dans les cités" qui "vont conduire dans les jours qui viennent à l'interpellation de plusieurs dizaines d'individus suspects" pour des "trafics de toutes natures". Nicolas Sarkozy a établi "un parallèle incontestable" avec le fait que "certaines bandes se rebiffent dès lors que la République reconquiert les territoires qui ont été trop longtemps délaissés". Le retour de l'autorité républicaine n'est pas indifférent à l'agitation de certaines cités, dont une minorité d'individus se pensaient être les seuls maîtres", a-t-il affirmé, s'en prenant à la "passivité" et à l'"impunité", et annonçant une "stratégie offensive pour éradiquer les trafics et les trafiquants".
Par ailleurs, le président de l'UMP a estimé mardi que "le mal des banlieues" était le reflet du "malaise français", lors de la présentation à l'Assemblée nationale de son projet de loi sur la prorogation de l'état d'urgence. "Au-delà des mesures annoncées par le Premier ministre voici une semaine devant votre Assemblée pour redonner de l'espoir aux quartiers, le mal des banlieues est aussi le reflet d'un malaise plus large et plus profond qui n'est autre que le malaise français", a déclaré Nicolas Sarkozy. Le projet de loi sera examiné par les sénateurs mercredi après-midi, à partir de 16h30.