Incidents sporadiques dans les banlieues

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Incidents sporadiques dans les banlieues

Des incidents sporadiques ont éclaté dimanche soir pour la 18e nuit consécutive dans les banlieues françaises, principalement en province, mais les autorités veulent croire à un retour progressif à la normale.

Au total, 374 véhicules ont été incendiés, dont 298 en province et 76 en région parisienne, dans la nuit de samedi à dimanche, un chiffre qui marque une baisse de 25% de ce type d'incidents.

Si l'accalmie prévaut, notamment en
Ile-de-France, des zones "sensibles" demeurent, dans le Rhône et l'agglomération toulousaine. Des incendies de véhicules ont également été signalés dimanche soir dans la banlieue de Strasbourg.

Dix véhicules ont été incendiés à Toulouse dimanche soir. Dix personnes ont été interpellées, dont quatre mineurs.

Une voiture-bélier lancée contre une école du quartier de La Reynerie a provoqué d'importants dégâts. L'établissement sera fermé lundi.

Dans le Rhône, où le couvre-feu est en vigueur jusqu'à lundi matin à Lyon et dans onze autres communes, les forces de l'ordre restent en alerte.

La préfecture avait décidé d'interdire dimanche tout rassemblement dans le centre de Lyon entre 14h00 et 19h00, au lendemain d'échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre.

Pour la première fois depuis le début des violences, le 27 octobre, des incidents ont en effet éclaté au coeur d'une grande ville.

Place Bellecour, une cinquantaine de jeunes ont jeté samedi des projectiles sur les policiers et CRS qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes.

La grande mosquée de Lyon a été la cible d'un engin incendiaire, qui n'a pas explosé, dans la nuit de samedi à dimanche.

Signe toutefois d'un retour à la normale, la direction des transports de l'agglomération lyonnaise (TCL) a décidé d'assurer les services de bus jusqu'à 21h00 lundi et mardi alors qu'ils étaient interrompus à 19h00 depuis mercredi en raison des violences.

Le conseil des ministres a été avancé à lundi en vue de l'examen d'un projet de loi autorisant l'éventuelle prorogation de l'état d'urgence en vigueur jusqu'au 20 novembre inclus.

L'UE PROPOSE 50 MILLIONS D'EUROS :
Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer un couvre-feu pour les mineurs, aux termes du décret réactivant la loi du 3 avril 1955 sur l'état d'urgence.

Cette mesure exceptionnelle est appliquée dans des communes de sept départements: Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure, Landes et Rhône.

Les premières expulsions d'étrangers, en situation régulière ou irrégulière, impliqués dans les violences pourraient intervenir dès lundi.

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a déclaré samedi soir que ces mesures seraient appliquées "dès le tout début de la semaine".

"Toute personne étrangère en situation régulière peut se voir retirer sous certaines conditions son titre de séjour si elle a participé à des émeutes et ceci avant même la condamnation", a-t-il expliqué, sans préciser le nombre de personnes visées.

"Cela ne remet en aucune manière en cause l'abrogation de la double peine", a-t-il souligné.

Le Conseil d'Etat a rejeté samedi une requête en référé de SOS-
Racisme qui demandait la suspension de cette mesure.

Nicolas Sarkozy est attendu ce lundi en Seine-Saint-Denis pour y rencontrer des policiers choqués par le placement en détention provisoire d'un de leurs collègues pour la " bavure " survenue lundi dernier à La Courneuve.

Le jeune homme de 19 ans dont l'interpellation musclée filmée lundi par France 2 avait valu à huit policiers d'être suspendus, a été interpellé samedi à son domicile, au Bourget. Il avait jeté des pierres sur des pompiers vendredi soir.

Sur les huit
fonctionnaires concernés, trois ont été mis hors de cause et leur suspension a été levée samedi par Nicolas Sarkozy. Un policier a été mis en détention provisoire vendredi et les quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

"Dès lundi, je serai avec eux (les policiers de Seine-Saint-Denis) pour leur dire qu'il n'y a pas d'amalgame et que ma confiance est totale", a déclaré samedi soir le ministre de l'Intérieur.

L'Union européenne est intervenue dimanche dans la crise par la voix de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, pour proposer une aide de quelque 50 millions d'euros à la France pour faire face à la situation dans les banlieues.

Le chef de l'exécutif européen a rencontré dimanche soir le Premier ministre
, Dominique de Villepin
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