"Des meutes de plus en plus mobiles"

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Banlieues : "Des meutes de plus en plus mobiles"

Selon Patrick Laclémence, commandant de CRS à Troyes, professeur et responsable de l'institut de veille événementiel, le travail des forces de l'ordre en banlieue est rendu très délicat par la jeunesse des casseurs et leurs techniques

Après 11 jours d'émeutes, comment rétablir l'ordre républicain en France ? Le syndicat Action Police CFTC demande au Premier ministre le renfort de l'armée ...  Il n'est pas dans mon rôle de commenter les propos de tel ou tel syndicat. Mais je ne pense pas que ce genre de décision puisse améliorer la situation. Depuis les manifestations étudiantes des années 90, les forces de l'ordre connaissent bien les nouvelles méthodes des casseurs et de leurs " leaders ". Il s'agit de meutes de dizaines de personnes très mobiles, notamment grâce à l'arrivée des téléphones portables.

Et ce qui a changé en quelques années, c'est la " relation " entre ces meutes et les CRS. Dans le passé, ces derniers formaient des barrières de protection, munis de leurs casques et de leurs boucliers, et attendaient l'arrivée des casseurs. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Ce sont les casseurs, très mobiles, qui attendent les forces de l'ordre, notamment avec des guet-apens. Il faut donc repérer les bandes et c'est plus compliqué. Mais que ferait de plus l'armée ? Il faut faire confiance au professionnalisme de la police qui fait un travail très délicat depuis le début des événements.


L'age des émeutiers semble de plus en plus jeunes...
En effet, on constate des casseurs de plus en plus jeunes qui manipulent, avec de nombreux mineurs interpellés. Certains sont contrôlés par une minorité de criminels ou de mafieux. Dans un contexte pareil, il est très difficile pour les forces de l'ordre d'intervenir. Il faut allier efficacité et prudence pour éviter tout dérapage qui ferait redoubler la violence.

Que pensez-vous de la demande de certains maires d'instaurer un couvre-feu pour les jeunes ?
Je crois qu'il faut faire attention aux mesures qui peuvent être perçues comme un degré de plus dans la provocation ou l'affrontement. Par ailleurs, certaines municipalités ont le droit de prendre de telles mesures ; c'est déjà arrivé dans le passé, notamment à Dreux, Sorgues ou en 2001 à Orléans. Plutôt que le couvre-feu, l'on peut imaginer une obligation de protection des enfants de moins de 16 ans par les parents, avec des pénalités à la clé si l'autorité parentale faillit

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