Conseil de sécurité intérieure ce soir à l'Elysée
Conseil de sécurité intérieure ce soir à l'ElyséeJacques Chirac réunit à 18 heures un Conseil de sécurité intérieure sur les violences urbaines. Dominique de Villepin, qui a poursuivi les consultations cet après-midi en recevant policiers et enseignants, devrait annoncer des "propositions concrètes" au cours de la semaine.
Le chef de l'Etat, depuis le début des violences urbaines qui s'étendent et dont les dégâts vont s'accroissant chaque nuit, était resté silencieux. Il s'implique désormais au premier chef dans la crise. L'Elysée a fait savoir ce dimanche, peu après 16 heures, que Jacques Chirac réunirait dans la soirée, à 18 heures, un Conseil de sécurité intérieure sur les émeutes dans les banlieues. Chargé de coordonner la politique de lutte contre la délinquance et le terrorisme, le CSI, créé en mai 2002, comprend le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, le Garde des Sceaux, le ministre de la Défense ainsi que les ministres chargés de l'Economie et des Finances, du Budget, des Affaires étrangères et de l'Outre-mer.
Au cours des dernières heures, des voix s'étaient élevées, tant dans la majorité que dans l'opposition, pour appeler le chef de l'Etat à intervenir. "Je voudrais entendre les paroles de Jacques Chirac aujourd'hui (...) Pas simplement de la compassion et un silence gêné: il faut prendre ses responsabilités", lançait dimanche matin le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. La veille, c'était un membre de la majorité, le député UMP Nicolas Dupont-Aignan, qui jugeait Jacques Chirac "étrangement muet".
Villepin consulte : Pour sa part, Dominique de Villepin, qui compte présenter d'ici fin novembre un plan d'action pour les banlieues, multiplie les réunions et les consultations. Et pendant que des élus locaux l'interpellent pour réclamer plus d'implication de l'Etat, son entourage a fait savoir dimanche que le Premier ministre annoncera des "propositions concrètes" au cours de la semaine pour tenter de répondre à la crise qui secoue les banlieues.
Au cours du week-end, le chef du gouvernement a reçu samedi à Matignon huit de ses ministres et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Dimanche, il a rencontré à 15 heures des policiers et des gendarmes travaillant dans les zones urbaines sensibles. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy assistait à la rencontre. Dominique de Villepin a vu ensuite des enseignants affectés en banlieue.
Le développement des émeutes, mais également l'attitude du ministre de l'Intérieur, n'en ont pas moins été de nouveau dimanche l'occasion de joutes oratoires notamment entre le premier secrétaire du PS François Hollande et Brice Hortefeux, le bras droit de Nicolas Sarkozy. François Hollande a jugé "intolérables" les propos du ministre de l'Intérieur : "Pour mesurer la gravité de la situation, pensez aux populations qui vivent dans ces quartiers qui sont les premières victimes. Quand on est ministre de l'Intérieur, on ne peut pas parler comme tout le monde". A quoi Brice Hortefeux a répliqué que "Nicolas Sarkozy a le soutien de l'opinion publique (...), les encouragements du parlement et la confiance du Premier ministre".