"Le gouvernement unanime sur la fermeté"

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  "Le gouvernement unanime sur la fermeté"
 

"La violence n'apportera rien à personne. L'Etat républicain ne peut pas accepter la violence", a réaffirmé samedi Nicolas Sarkozy, à la sortie d'une nouvelle réunion de crise à Matignon sur les émeutes des banlieues. Jacques Chirac s'exprimera "le moment venu, s'il l'estime nécessaire", selon son entourage.

Après une neuvième nuit de violences en banlieue parisienne et leur extension à la province, Dominique de Villepin et ses ministres étaient sur le pont samedi, affichant l'unité et la fermeté du gouvernement pour exiger un "retour à la normale". Le Premier ministre a réuni, à la mi-journée à Matignon, huit de ses ministres, puis reçu le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, pour faire le point sur la situation. Le président de la République, pour sa part, a fait savoir par son entourage (alors que le député UMP Nicolas Dupont-Aignan le jugeait "étrangement muet") qu'il s'exprimera "le moment venu, s'il l'estime nécessaire. Il ne s'agit pas de parler pour parler. On est dans le temps de l'action en responsabilité". Le bilan des violences dans les banlieues s'est encore alourdi dans la nuit de vendredi à samedi avec près de 900 véhicules incendiés dans toute la France, des écoles et bâtiments publics attaqués et quelque 250 interpellations.

Si Dominique de Villepin, qui avait déjà reçu une quinzaine de jeunes issus de quartiers sensibles la veille au soir, ne s'est pas lui-même exprimé devant la presse, il a demandé à plusieurs de ses ministres de prendre la parole pour marteler un même message de fermeté. "Le gouvernement est unanime sur la fermeté", a ainsi souligné le ministre de l'Intérieur à sa sortie de Matignon. "Nous continuons une action extrêmement forte", a dit Nicolas Sarkozy, prévenant que les interpellations nocturnes feraient "l'objet de dizaines de déférements devant la justice". "La justice prononcera des condamnations !", a-t-il insisté. "La violence, ce n'est pas acceptable (...) Chacun doit comprendre que mettre le feu à un véhicule, c'est injuste à l'endroit du propriétaire du véhicule et ça peut coter cher en termes de condamnation", a-t-il ajouté.

"Chaque mot à son importance"  : Alors que le gouvernement avait laissé apparaître au grand jour, en début de semaine, de profondes divisions - dévastatrices dans l'opinion et la majorité - sur la façon de gérer la crise, l'heure était plus que jamais samedi à l'affichage de l'unité. "La priorité aujourd'hui, c'est clairement le retour à la normale, c'est qu'en France, il n'y ait pas de zones de non-droit. C'est ce sur quoi l'ensemble du gouvernement, chacun dans ses responsabilités, est mobilisé sous l'autorité du Premier ministre et en travaillant la main dans la main avec Dominique de Villepin et le ministre d'Etat" Nicolas Sarkozy, a commenté Thierry Breton (Economie). "Nous sommes au travail (...) dans le cadre d'un gouvernement uni", a renchéri Jean-Louis Borloo (Emploi), auquel Dominique de Villepin a demandé "d'accélérer" la mise en place des plans de rénovation urbaine et de cohésion sociale, dont il a la charge. "J'ai eu le Premier ministre ce matin tôt, je l'ai eu une partie de la nuit. Nous avons travaillé ce matin, nous nous reverrons cet après-midi", a précisé de son côté Nicolas Sarkozy.

Parallèlement, soucieux de ne pas laisser se transformer la crise actuelle en affrontements religieux, Dominique de Villepin a brièvement reçu Dalil Boubakeur pour, selon ce dernier, "exprimer à la communauté musulmane tout entière son estime, son respect". Il "m'a dit que, dans son coeur, elle est à égalité avec tous les cultes de France", a déclaré le recteur de la mosquée de Paris. Le Premier ministre l'a également assuré que, selon l'enquête sur la grenade lacrymogène qui a touché dimanche l'édifice, "la mosquée de Clichy-sous-Bois n'a en aucune manière été visée par les forces de l'ordre et qu'il y a eu un malheureux accident". Sans condamner expressément les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy, notamment l'usage du terme "racaille", Dalil Boubakeur a insisté sur le fait que "dans des circonstances aussi difficiles, chaque mot a son importance" et qu'il attendait "des paroles de paix" de la part de tout le gouvernement.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article