Des responsables français épinglés dans le crash du Concorde

Des responsables français épinglés dans le crash du Concorde
PARIS - Un complément d'expertise remis au juge chargé de l'enquête sur Concorde met en évidence des responsabilités françaises dans le crash du supersonique, qui a fait 113 morts en juillet 2000, écrit Valeurs actuelles.
Selon l'hebdomadaire, ce rapport pourrait déboucher sur de nouvelles mises en examen, notamment de responsables du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS et de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Me Roland Rappaport, l'un des avocats des parties civiles, a confirmé à Reuters la remise de cette expertise au juge Christophe Régnard, qui instruit le dossier Concorde.
Les convocations d'un responsable d'EADS et de plusieurs personnes de la DGAC, qui risquent une mise en examen pour "homicide involontaire", auraient été envoyées cette semaine, affirme le magazine.
"Ensemble, exploitants, autorités et constructeurs ont failli sur le point de mettre en place un système de report d'incidents et donc de 'retour d'expérience efficace'", lit-on dans un extrait du rapport.
"Pourtant, en plus, de la nécessité réglementaire d'un tel système véritablement opérationnel (...) une coordination de ce type aurait été collégialement souhaitée par tous les intervenants", poursuit le texte.
Pour les parties civiles, le dossier aborde une phase cruciale après la mise en examen en mars dernier de la compagnie Continental Airlines en tant que personne morale pour "homicides involontaires et blessures involontaires".
Il s'agissait des premières poursuites, plus de quatre ans après l'accident.
La thèse de l'origine du crash reste toujours celle d'une lamelle de titane qui serait tombée sur la piste de l'aéroport de Roissy.
Un rapport d'enquête remis aux parties civiles en décembre a en effet mis au jour un "lien de causalité directe" entre l'éclatement du pneu du Concorde, quelques secondes avant qu'il ne s'écrase, et cette lamelle tombée d'un DC-10 de la compagnie américaine Continental Airlines.
Mais les experts ont également mis en cause un "défaut important" du Concorde, signalé depuis 1979 mais auquel ni le constructeur, ni les autorités administratives n'ont remédié.
L'incident le plus significatif fut celui de Washington, le 14 juin 1979, quand des pneus du train d'atterrissage avaient éclaté au décollage, perforant les ailes et provoquant une fuite de kérosène et un début d'incendie.
En outre, des "imperfections" ont été relevées en matière d'encadrement et de formation des équipages Concorde.