Les opérateurs mobiles français nient tout "Yalta des portables"
Les opérateurs mobiles français nient tout "Yalta des portables"
PARIS, 24 août - France Télécom a catégoriquement démenti l'existence d'un "Yalta du portable" qui aurait permis à sa filiale Orange de partager le marché français de la téléphonie mobile avec ses concurrents SFR et Bouygues Telecom.
Ces deux derniers ont de même contesté toute entente à trois en vue d'un contrôle de ce marché lucratif.
Ils réagissaient aux révélations du Canard enchaîné sur un rapport de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation, et de la répression des fraudes) datant de mai 2004, qui estime qu'ils ont conclu "un accord occulte horizontal sur longue période qui vise à geler les parts de marché vis-à-vis des nouveaux clients".
Suite à une plainte pour entente illicite déposée en février 2002 par UFC-Que Choisir, le Conseil de la concurrence doit rendre son verdict avant la fin de l'année.
Suite à une plainte pour entente illicite déposée en février 2002 par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir et aidé de ce rapport, le Conseil de la concurrence doit rendre son verdict avant la fin de l'année.
Il peut prononcer des amendes allant jusqu'à 10% du chiffre d'affaires des sociétés concernées.
"Orange n'a aucun commentaire à faire sur une procédure en cours couverte par le secret de l'instruction. Nous réservons l'ensemble de nos arguments au Conseil de la concurrence devant lequel nous sommes en train de développer notre défense", a déclaré un porte-parole d'Orange, le numéro un français.
PURE FANTAISIE
Sa maison mère, France Télécom, a en revanche contesté les informations du Canard enchaîné, selon qui un "Yalta des parts de marché" aurait été mentionné lors d'une réunion du comité exécutif de l'opérateur en octobre 2002.
"France Télécom tient à préciser qu'à aucun moment il n'a été mentionné ou évoqué un quelconque 'Yalta des portables' à l'occasion d'une réunion de son comité exécutif".
"SFR conteste vigoureusement l'existence de toute entente ou d'un quelconque 'contrôle' du marché de la téléphonie mobile en France", a déclaré de son côté la filiale mobile de Vivendi Universal et de Vodafone dans un communiqué.
SFR estime que "les éléments dont il est fait état dans la presse sont sortis de leur contexte" et "conteste l'interprétation qui en est faite".
Pour SFR, les assertions selon lesquelles les opérateurs auraient tenu des 'réunions secrètes' relèvent de la pure fantaisie.
"En particulier, les assertions selon lesquelles les opérateurs auraient tenu des 'réunions secrètes' mensuellement relèvent de la pure fantaisie et ne correspondent à aucune accusation du dossier", ajoute le communiqué.
De son côté, Bouygues Telecom, le troisième opérateur mobile français avec une part de marché de 16,9% (contre 47,3% pour Orange et 35,8% pour SFR), "conteste formellement les conclusions de l'enquêteur de la DGCCRF chargé d'analyser les relations entre les trois opérateurs", a déclaré une porte-parole de la filiale mobile de Bouygues.
"Il est absurde d'affirmer que Bouygues Telecom a pu faire partie d'une entente qui aurait eu pour effet de cantonner sa part de marché à un niveau très inférieur à celui des opérateurs comparables en Europe", a-t-elle ajouté.