Sarkozy candidat pour "porter le changement"
Sarkozy candidat pour "porter le changement"
Invité de France 2 jeudi soir, le président de l'UMP a décliné son projet présidentiel pendant trois heures, évitant toute attaque personnelle contre Ségolène Royal. Il a confirmé qu'il quitterait son poste de ministre "avant l'élection".
La rupture tranquille" Nicolas Sarkozy a expliqué jeudi l'expression de "rupture tranquille" utilisée dans son interview annonçant sa candidature à l'Elysée, affirmant vouloir être "celui qui démontre qu'on peut faire reculer les injustices en France, que tout peut devenir possible". "Moi le mot fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire", a déclaré le ministre de l'Intérieur. "J'ai envie de bouger les choses". "Je crois en l'ordre mais je n'accepte l'ordre que s'il est en mouvement, j'aime ces deux choses, le mouvement et l'ordre, la France ne peut pas rester immobile, et je veux porter le changement", a poursuivi le président de l'UMP.. "L'ordre juste, c'est juste de l'ordre", a-t-il répété, à propos de l'une des formules favorites de Ségolène Royal, candidate du PS.
Ne réduisez pas Ségolène Royal à son seul statut de femme" "Ne réduisez pas Ségolène Royal à son seul statut de femme, elle vaut mieux que ça", a-t-il dit, interrogé sur le possible désavantage d'avoir à affronter une femme à l'élection présidentielle."Je ne suis pas venu pour attaquer qui que ce soit", a-t-il ajouté. S'adressant aux électeurs qui sont "engagés à gauche parce qu'ils croient dans le mouvement", il a enchaîné : "Aujourd'hui le parti socialiste, c'est l'immobilisme. Qu'est-ce qu'il propose? Ne rien changer, la frilosité." Selon lui, "La France mérite autre chose".
"Il faut baisser les prix" Nicolas Sarkozy a affirmé qu'on sous-estimait la hausse des prix, due au passage à l'euro. "Je suis persuadé que les indices habituels de calcul de l'inflation ne reflètent pas la réalité de la hausse des prix au quotidien, et que le passage à l'euro a organisé une hausse assez massive des prix dans notre pays", a affirmé l'ancien ministre de l'Economie, lors de l'émission "A vous de juger". Selon lui, "l'indice des prix doit être changé. Il faut mettre d'avantage de concurrence dans la grande distribution". "Il faut faire baisser les prix", a-t-il ajouté.
"Augmenter le budget de la justice" Nicolas Sarkozy a affirmé que "la justice souffre d'un manque de moyens". "Il faut augmenter le budget et il faut augmenter les conditions matérielles", a-t-il dit. "C'est pas forcément des postes de magistrats dont on a besoin, mais des postes de greffiers (...) parce que les magistrats doivent être aidés pour préparer leur jugement"."Je ferai la réforme de la carte judiciaire", a-t-il également promis. Il a par ailleurs affirmé que s'il était élu, il n'y aurait "pas de libération provisoire pour un délinquant sexuel qui n'accepte pas de suivre un traitement médical chimique". "
Deux mesures "tout de suite" contre la délinquance des mineurs : Le président de l'UMP a annoncé qu'il ferait appliquer "tout de suite" deux mesures s'il était élu président de la République, la suppression de l'excuse de minorité pour les jeunes récidivistes et des peines plancher pour les multi-récidivistes. "Je réformerai l'ordonnance de 1945, et je demande que pour un mineur récidiviste entre 16 et 18 ans, l'excuse de minorité soit automatiquement supprimée, il doit être condamné comme s'il était un majeur", a-t-il déclaré. "Beaucoup de mineurs sont aujourd'hui encouragés par des caïds parce qu'ils ont le sentiment de l'impunité", a affirmé le ministre de l'Intérieur. Par ailleurs, sur "l'affaire des multi-récidivistes (...), je demande des peines planchers, c'est à dire que des gens qui reviennent pour la 20ème fois devant le tribunal correctionnel, je souhaite qu'ils soient automatiquement condamnés à une peine lourde", a-t-il ajouté.
"Les 35 heures, une erreur considérable" Nicolas sarkozy a expliqué qu'"un salarié qui travaillerait quatre heures de plus pourrait gagner 15 % de plus", affirmant que "les 35 heures ont été une erreur considérable qui a conduit les Français à une rigueur salariale qui a pesé sur la croissance de la France". "Je propose l'exonération des charges pour les heures supplémentaires (...) On garde les 35 heures comme durée hebdomadaire, mais tous ceux qui veulent s'en exonérer", salariés ou chefs d'entreprise, "non seulement on les y autorise, mais on les encourage", a-t-il ajouté. Abordant par ailleurs la question de l'investissement dans l'innovation et la recherche, il a dit: "je demande qu'on booste le crédit d'impôt recherche, à 100% s'il le faut".
"Suspension des négociations avec la Turquie" Nicolas Sarkozy a demandé jeudi la suspension de "toutes les négociations" sur l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne. "La Turquie n'applique pas le protocole d'Ankara, la Turquie n'accepte pas que des avions venant de Chypre se posent sur ses aéroports ou que des bateaux venant de Chypre entrent dans ses ports", a-t-il rappelé.
"Allio-Marie candidate ? Bien pour la démocratie interne" Nicolas Sarkozy a estimé jeudi qu'une candidature de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie à la candidature de l'UMP pour la présidentielle serait "très bien pour la démocratie interne" au sein du parti. "Si Michèle Alliot-Marie est candidate, ce sera très bien pour la démocratie interne, c'est une personne de très grande qualité", a-t-il déclaré, enchaînant: "Je la respecte suffisamment pour ne lui donner aucun conseil". Le président de l'UMP a également évoqué les noms des députés UMP Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan et du ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo. "