Match à haut risque après le drame du Parc des Princes
Match à haut risque après le drame du Parc des PrincesA Nantes, sécurité renforcée. A Paris, l'enquête sur les violences de jeudi se poursuit. Le policier qui a tué un supporter a été laissé libre. Un supporter du PSG interpellé pour "violences antisémites" est en revanche mis en examen. Le parquet de Paris a également ouvert une deuxième information judiciaire visant l'un des trois supporteurs du PSG qui ont été interpellés jeudi soir et placés en garde à vue après le tir mortel du policier et son repli vers le restaurant Mac Donald's voisin. Le supporteur en question a été mis en examen samedi soir et écroué pour des violences à caractère antisémite, des violences sur agent de la force publique et des dégradations contre le restaurant où s'étaient réfugiés le policier et le spectateur qu'il protégeait. Les deux autres supporteurs gardés à vue ont été relâchés avec une convocation devant la justice à une date ultérieure.
En prévision de la 15e journée du championnat de football de L1, 300 policiers et gendarmes, soit 80 policiers supplémentaires par rapport au dispositif initial, sont mobilisés pour le match à Nantes où les Canaris rencontrent le Paris SG ce dimanche soir. Le dispositif comprend aussi l'accompagnement des supporteurs à partir du péage d'Ancenis sur l'A11, à l'aller comme au retour du match. Un dispositif également appliqué pour les supporteurs se rendant en car à la marche silencieuse de dimanche après-midi, organisée entre le centre ville et le stade de la Beaujoire à l'initiative de supporteurs parisiens.
Le match de ce dimanche soir est sous haute tension alors que la procédure judiciaire est toujours en cours après le drame de jeudi soir. A l'issue du match au Parc des Princes entre le PSG et le club israélien de Tel-Aviv, une centaine de hooligans s'en étaient pris à un jeune Français juif qui quittait le stade avec trois amis. Le jeune homme avait été protégé par un policier martiniquais en civil, Antoine Granomort, qui avait tiré avec son arme de service, tuant un supporteur du PSG - Julien Quemener, un "ultra" selon la police - et en blessant un autre : Mounir Douchaer, autre membre du club des "Kop".
En attente des expertises balistique et médico-légale : Le policier, qui avait clairement fait état de sa fonction et tenté, en vain, de se dégager à l'aide d'une bombe lacrymogène alors qu'il était au sol, a été entendu comme "témoin assisté" samedi soir par un juge d'instruction parisien - statut pénal impliquant un degré de mise en cause moins important que la mise en examen. Il a été laissé libre. Le juge a ainsi suivi les réquisitions du parquet de Paris. Dans la matinée, le parquet avait ouvert une information judiciaire pour "coups mortels" et "violences avec arme" en retenant "la légitime défense" à l'encontre du policier face à une "horde" de supporteurs "excités".
Dans cette information judiciaire, le parquet vise également des infractions contre X de "violences en réunion" contre le policier et contre le supporteur juif avec la circonstance aggravante de racisme dans les deux cas. Si la légitime défense est retenue à la fin de l'instruction, le policier ne sera donc pas "pénalement responsable". Un seul coup de feu serait parti, selon l'hypothèse retenue jusqu'à présent, blessant d'abord Mounir Douchaer au poumon (ses jours ne sont pas en danger) et tuant Julien Quemener en plein coeur. Pour l'heure, les enquêteurs ne disposent pas encore des expertises balistique et médico-légale qui permettront notamment de savoir combien de balles ont été tirées et dans quelle direction.