Royal : "Un nouvel espoir s'est levé à gauche"
Royal : "Un nouvel espoir s'est levé à gauche"Dans un discours très applaudi, la candidate PS a loué le "geste révolutionnaire" accompli par les militants en la désignant candidate. Juste avant son discours, elle a reçu l'investiture officielle du parti devant 1300 militants réunis à la Mutualité à Paris. Ségolène Royal a enfin appelé les socialistes au rassemblement. "La victoire est possible avec vous je le crois. Aussi, accomplissons ensemble notre devoir pour les millions de Français qui l'attendent, qui attendent qu'on mette fin à ces politiques de rupture, de fracture, d'insécurité et de précarité", a-t-elle lancé, dans une allusion à la "rupture" prônée par Nicolas Sarkozy. "Alors je vous y invite, accomplissons ensemble notre devoir de victoire", a lancé la candidate pour achever son discours, déclenchant une ovation.
Une touche de lyrisme, un zeste de féminisme et une bonne dose d'appel au rassemblement. Dans son discours d'investiture, Ségolène Royal a affiché sa détermination et son ambition. "Un nouvel espoir s'est levé à gauche, qui ne demande qu'à grandir, jusqu'à la victoire en 2007", a lancé la candidate socialiste à la présidentielle devant quelque 1300 congressistes réunis à la Mutualité. "Ce que je veux déclencher dans cette campagne, c'est un sursaut collectif, un élan à la dimension de l'espoir qui se lève. Transformer l'espoir en dépassement, en donnant du bonheur et parfois même de la ferveur", a-t-elle poursuivi. "Je veux incarner ce mouvement vers le haut qui nous conduira vers la victoire", a ajouté la députée des Deux-Sèvres.
Ségolène Royal a rendu hommage à ses concurrents malheureux à la primaire socialiste, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, et appelé à l'unité du parti, remerciant également son compagnon, et premier secrétaire du parti, François Hollande. "J'ai besoin de tout le monde, de tous les talents, de tous les socialistes, et cette victoire est la victoire de tous les socialistes", a-t-elle insisté, régulièrement interrompue par les ovations de la salle.
"Olympe de Gouges" : Dans un discours reprenant de nombreuses expressions utilisées dans ses discours depuis sa victoire à la primaire, elle a affirme que "nous gravirons la montagne jusqu'à la victoire" et souhaité "rassembler une majorité de Français dans un même désir d'avenir". Elle a exprimé le souhait de nouer avec les Français au cours de la campagne "le pacte social qui nous permette d'aller de l'avant dans une nation rassemblée et fière d'elle-même". Elle a affirmé qu'en matière sociale il y avait "beaucoup à corriger dans nos systèmes de solidarités (...) mais pour les renforcer".
Elle a par ailleurs loué le "geste révolutionnaire" accompli par les militants en la désignant candidate. "Je voudrais dire ici, devant la presse internationale qui regarde avec beaucoup d'attention ce qui se passe en France, à tous les militants socialistes mon admiration" parce qu'"en choisissant une femme pour mener le combat des idées et incarner l'espérance vous avez, plus de deux siècles après Olympe de Gouges (NDLR: féministe à l'époque de la Révolution française) accompli un véritable geste révolutionnaire". "J'ai pris l'engagement de faire en sorte que la lutte contre la violence faite aux femmes devienne une affaire d'Etat" et "ce sera le premier texte dont le parlement sera saisi", a-t-elle réaffirmé.
"Devoir de victoire" : Elle a souligné qu'elle était "venue au socialisme par le féminisme et par la révolte contre la place subalterne laissée aux femmes". Il y a "une corrélation très étroite entre le statut de la femme et l'état de justice et d'injustice d'une société", a-t-elle souligné.