Le "papillon" Ségolène Royal prend son envol à La Mutualité
Le "papillon" Ségolène Royal prend son envol à La MutualitéNi "show à l'américaine", ni "sacre" mais pas non plus un congrès comme les autres: l'investiture de Ségolène Royal, dimanche à Paris, marque la dernière étape de sa mue en candidate présidentielle.
Dix jours après le vote des militants socialistes, la présidente de Poitou-Charentes s'apprête à recevoir l'onction du PS et du Parti radical de gauche (PRG) qui a accepté de ne pas présenter de candidat en 2007 contre un accord électoral pour les législatives.
La candidate doit prendre la parole devant un parterre de près de 2.000 personnes, dont ses rivaux à l'investiture, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, réunis de 10h à 14h à La Mutualité.
Avant la bataille contre la droite, anciens opposants et éternels sceptiques applaudiront. "Ce sera un joli congrès, avec l'image d'un parti rassemblé et dynamique", assure Christophe Borgel, ancien directeur de campagne de "DSK".
La salle, dans laquelle travaillent des équipes d'installation depuis mercredi, paraît d'ailleurs déjà trop petite.
"De nombreux camarades d'Ile-de-France risquent d'être à la rue" dimanche matin, redoute Bruno Leroux, secrétaire national aux Elections.
Comme un symbole, la cérémonie sera présidée par Pierre Mauroy, "éléphant" historique, ancien Premier ministre "ségoléniste" et Barbara Romagnan, trentenaire, membre du Nouveau parti socialiste (NPS) et secrétaire nationale à la Rénovation.
Au total, 986 délégués des fédérations socialistes et 306 membres du Conseil national du PS - son Parlement - valideront les résultats de la primaire du 16 novembre, remportée par Ségolène Royal avec 60,65% des voix. Formellement, ils devraient voter à main levée.
L'évènement réunira également 50 représentants du PRG, installés dans un "carré" réservé, ainsi que les députés et les sénateurs du PS. Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, et Elio di Rupo, premier secrétaire du PS belge sont également annoncés.
Après un discours d'introduction du maire de Paris, Bertrand Delanoë, le numéro deux du PS, François Rebsamen doit annoncer les résultats.
BAYLET ET HOLLANDE MAIS AUSSI BACHELET ET ZAPATERO : Ségolène Royal a souhaité parler dans la foulée. "Je suis persuadée qu'il n'y a ni petit ni grand discours", a-t-elle confié jeudi matin, en marge de sa réunion avec les présidents de région. "Il faut juste être en phase".
Le congrès d'investiture - un moment "émouvant" - constitue à ses yeux "la concrétisation visible, visualisée du vote des militants" qui marque "la fin d'une phase" et "une étape symbolique importante".
Autre symbole, Ségolène Royal, que ses adversaires internes accusaient de construire sa candidature hors du PS, veut allier dans son discours le thème du projet socialiste pour 2007 "Réussir le changement ensemble" et son slogan de campagne "Le progrès pour tous, le respect pour chacun", étrenné la semaine dernière à Melle (Deux-Sèvres).
Son allocution, qu'elle veut courte et pas "grandiloquente", sera saluée par la lecture de messages de félicitations du monde entier, envoyés entre autres par la présidente du Chili, Michelle Bachelet et le président du gouvernement espagnol, Jose Luis Zapatero.
Jean-Michel Baylet, président du PRG, et François Hollande clôtureront ce congrès extraordinaire. Après s'être effacé pendant la campagne interne, le premier secrétaire du PS, compagnon de Ségolène Royal à la ville, revendique depuis une semaine un "rôle central" pour le parti dans la campagne.
L'organisation de l'évènement, qui devrait être suivi par plus de 300 journalistes, est digne d'une "cérémonie des Oscars", raille un Fabiusien.
Un écrin à la mesure du "papillon" qui vient de sortir "de la vieille chrysalide" socialiste, selon les mots de son porte-parole de campagne interne, Arnaud Montebourg.
Les sigles du PS - le poing et la rose - et du PRG - un grand R bleu sur fond de soleil jaune - figureront dans le dos de la candidate commune mais la scénographie "ne sera pas habituelle", promet Bruno Leroux.
Le mot-clé sort des lexiques de mise en scène de théâtre: "proscenium". Pour être "en proximité", Ségolène Royal s'exprimera sur une petite estrade s'avançant dans la salle et légèrement plus basse que la tribune officielle.
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