Le "phénomène Royal fascine" la presse étrangère

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Le "phénomène Royal fascine" la presse étrangère

Comment est perçue la candidate socialiste par les correspondants des médias étrangers à Paris ? Trois d'entre eux livrent leurs impressions à LCI.fr.

Michaela Wiegel, Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne) Le phènomène Royal ?
La percée de Ségolène Royal a suscité un grand intérêt en Allemagne. Ce n'était pas évident en soi, car c'était loin d'être le cas de Jospin quand il était le leader de la gauche. Plus que son programme de politique intérieure, nous avons surtout regardé ses idées sur l'Europe. Et nous sommes toujours dans l'expectative car elle n'a rien proposé de concret et est restée très évasive. On a l'impression qu'elle n'ose pas annoncer de choses qui font peur.

Une comparaison Royal-Merkel  ?
Excepté le fait que ce sont des femmes, elles n'ont quasiment aucun point commun. Angela Merkel était hors du système politique avant son arrivée à la tête de la CDU, alors que Ségolèle Royal a commencé à travailler très jeune à l'Elysée sous Mitterrand. Elles ont également des vies privées très différentes : Merkel n'a pas d'enfant et son mari est totalement absent de la scène politique, Royal a quatre enfants et son compagnon est un personnage important. Cette vie familiale conciliée avec sa carrière politique renforce d'ailleurs l'a-priori positif des Allemands sur Sègolène Royal.

Charles Bremmer, The Times (Royaume-Uni) Le phénomène Royal ?
  Il fascine les Anglais. Tout d'abord, car c'est une femme, et surtout une belle femme, soignée, qui représente le stéréotype que nous nous faisons des Françaises. Elle n'a pas l'allure d'une femme politique comme nous nous le représentons avec Margaret Thatcher. Son image capte le lecteur. D'ailleurs, nous publions sa photo dès que possible. Evidemment, tout ceci reste superficiel, mais c'est important. Ce qui nous semble étonnant, c'est l'adoration des médias français et les qualificatifs qui la désignent : "Jeanne d'Arc", "Cendrillon, "Evita Person", "La Madone". Les médias aiment généralement bien brûler ce qu'ils ont encensé auparavant. Mais cette fois, l'adoration perdure.

Son programme étant vide, on s'interroge, comme vous, sur ce qu'elle représente. Certains de mes confrères français estiment qu'elle est de droite. C'est sûrement le cas sur les valeurs (respect de l'ordre...). Mais sur les grande questions, en dehors de ses "gadgets" comme la démocratie participative, elle n'a rien dit qui montre qu'elle ne serait pas de gauche. Sur l'économie, on attend donc qu'elle prenne de vrais positions et qu'elle ne se contente pas de lancer qu'elle défendra le peuple contre la mondialisation.

Une comparaison Royal-Blair ? Le parallèle entre les deux est intéressant car Royal suit le même modèle que Blair avant sa première victoire en 1997. Comme lui, elle a fait campagne en dehors des structures du parti. Comme lui, elle représente un élément de fraîcheur et utilise un nouveau langage, hors des convenances habituelles du monde politique. D'ailleurs, elle a quasiment repris mot pour mot son principal slogan de l'époque : "Education, encore l'Education, toujours l'Education". Cette expression a vraiment fait tilt chez moi quand je l'ai entendu, j'ai eu l'impression d'entendre Blair en 1996. Plus globalement, elle parle désormais comme les sociaux-démocrates.

En revanche, Blair prônait une rupture avec l'idéologie du parti travailliste en revendiquant une 3e voie "social-libérale". Royal se contente uniquement pour l'instant de se démarquer sur les valeurs.


James Graff,  Time Magazine (Etats-Unis) : Le phénomène Royal ?  Il y a une réelle fascination. Elle est belle, représente le changement, aussi bien pour le parti socialiste que pour la France en général. Il serait trop simple d'expliquer sa percée par l'"Américanisation" de la vie politique française. En fait, la frontières entre la gauche et la droite ont tendance à être perméable, pas seulement en France mais dans toute l'Europe. Elle a su en jouer, en évitant de développer le fond de son programme.

Une comparaison Royal-Hillary Clinton ? Même si elles visent toutes les deux le poste suprême, la comparaison est difficile. Avant même de lancer sa carrière politique, Hillary Clinton a souffert en public en raison de son mari. Elle a en contrepartie gagné beaucoup de sympathie. Au Sénat, elle a gagné le respect de ses adversaires républicains grâce à la connaissance de ses dossiers, de son travail. En quatre ans, elle en a fait plus que Ségolène Royal dans toute sa carrière. Même si sa vie politique est bien plus courte, Hillary Clinton a en fait plus d'expérience et ne se contente pas de gadget comme la "démocratie participative".

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Publié dans Présidentielle 2007

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