Les jospinistes craignent une campagne "multi-régionale" de Ségolène Royal
Les jospinistes craignent une campagne "multi-régionale" de Ségolène RoyalLes amis de Lionel Jospin, réunis mardi soir dans une salle de l'Assemblée nationale, se sont inquiétés de la perspective d'une campagne "multi-régionale" de Ségolène Royal, candidate du PS à la présidentielle, selon un participant. Lionel Jospin vient de voter, le 16 novembre 2006 à Paris, pour désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle
Une cinquantaine d'entre eux se sont retrouvés à l'Assemblée dans le cadre de leurs rencontres régulières, en présence de l'ancien Premier ministre.
Ce dernier, selon ce participant, a indiqué qu'il n'excluait pas d'"intervenir" si le contenu et l'organisation de la campagne "ne lui plaisaient pas".
"Ce qui a le plus inquiété c'est la dimension régionale, voire multi-régionale, de la campagne de Ségolène Royal, car une campagne présidentielle ne peut pas être une adjonction de campagnes régionales", a précisé ce militant.
Les jospinistes sont particulièrement attentifs à ce que la campagne accorde "une vraie place au parti socialiste" et assure "le rassemblement" plutôt que "la contraction" autour de l'équipe de campagne initiale, forte des seuls soutiens de Ségolène Royal, a-t-il précisé.
"Si le parti n'est pas associé étroitement à la campagne, si l'équipe de campagne n'est pas assez large, s'il y a une régionalisation poussée de la campagne, cela engendrera de fortes tensions", a rapporté ce même jospiniste.
Aux yeux des amis de l'ancien Premier ministre, une campagne présidentielle comporte à la fois des enjeux nationaux et internationaux, et "la France n'est pas un état fédéral".
Selon lui, la régionalisation pourrait réduire "l'unicité de la campagne" avec une multiplicité de campagnes aux accents variant selon les régions et un risque de balkanisation du parti et de son expression.
"Il n'est pas question de passer sous les fourches caudines des présidents de région", a-t-il encore indiqué.
Les jospinistes estiment en effet que dans la conception républicaine de la France, tout député est détenteur d'une partie de la souveraineté du pays, ce qui n'est pas le cas des présidents de région.
Lionel Jospin, qui ne s'est exprimé qu'à la fin de la rencontre, a indiqué en substance qu'il serait prudent dans son expression dans la période qui vient, tout en incitant ses amis à être "des acteurs et pas des commentateurs".
Il a encore souligné, selon ses amis, qu'il trouverait logique qu'ils soient dans l'équipe de campagne, et qu'il regarderait "avec intérêt" le sort qui leur sera fait.
Selon lui, il faut "être bon camarade et ferme sur les principes", une référence à une déclaration de Daniel Vaillant, un de ses amis proches, selon lequel il faut être "bon camarade".
Publicité