Ségolène Royal, "rivale dangereuse" pour Nicolas Sarkozy

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Ségolène Royal, "rivale dangereuse" pour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, candidat quasi-déclaré à la présidentielle, connaît désormais l'adversaire socialiste qu'il devra affronter, et qui peut être "une rivale dangereuse", selon l'entourage même du président de l'UMP.
Nicolas Sarkozy, le 18 octobre 2006 à la sortie de l'Elysée

Ségolène Royal est d'autant plus dangereuse que son triomphe est à même de créer une dynamique au PS pendant que l'UMP se débat dans ses divisions.

Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que la victoire de Ségolène Royal à la primaire socialiste traduisait "une aspiration forte(...) au renouvellement de la classe politique", exprimant l'espoir d'un "débat de la modernité" avec elle. "Je félicite bien volontiers Mme Royal et je me réjouis à la perspective de ce débat, ce débat dont je souhaite qu'il soit utile pour les Français et qui doit être le débat de la modernité", a déclaré le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur, en marge d'un déplacement à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine).

Il a estimé que la facile désignation de Mme Royal lors de la primaire socialiste traduisait "une aspiration forte du PS, mais aussi des Français dans leur ensemble, au renouvellement de la classe politique et à un débat pour 2007 qui soit le débat de la modernité".

Il a souhaité "un débat qui aille au fond des choses, que Mme Royal présente ses idées, qu'elle présente l'alternative qu'elle peut représenter, qu'elle nous dise en quoi elle est différente du parti socialiste français qui est hélas bien conservateur". "Je me réjouis parce que c'est une personne de qualité, je suis sûr qu'après ce débat, les Français seront bien informés, du choix et des conditions de ce choix", a déclaré le très probable candidat de l'UMP à la présidentielle.

La campagne socialiste étant lancée, il est "grand temps" de "se mettre en ordre de bataille". "Toute division à droite est à présent mortifère", a mis en garde le sénateur UMP Roger Karoutchi, au lendemain d'un conseil national de l'UMP tendu, où les affrontements entre chiraquiens et sarkozystes sont de nouveau apparus au grand jour. "Le manque de convictions" de Mme Royal, "son adaptabilité à tous les sondages en font une rivale dangereuse qui peut assurer un rassemblement factice", a ajouté M. Karoutchi dans une déclaration. Les deux porte-parole de l'UMP Luc Chatel et Valérie Pécresse ont pour leur souligné la nécessité de "respecter le calendrier" qui prévoit le choix du candidat soutenu par l'UMP le 14 janvier, et de "se rassembler" derrière lui.

La droite devra surtout composer avec une donne totalement inédite en France. Sur la forme, comment contrer une femme - pour la première fois susceptible d'accéder à l'Elysée - sans se faire accuser de machisme ?

Ségolène Royal à Melle, son fief des Deux-Sèvres, après sa victoire au 1er tour de la primaire socialiste, le 16 novembre 2006

"C'est une femme, elle en use et en abuse puisque son principal slogan c'est +je suis une femme+", affirme Patrick Devedjian, conseiller politique de Nicolas Sarkozy. "C'est un problème que nous aurons à résoudre mais qui n'est pas insurmontable même si c'est une première en France", note le député des Deux-Sèvres Dominique Paillé. Selon lui, il faudra "démontrer la vacuité de la pensée et des propositions de Mme Royal, ses insuffisances face au job qu'elle prétend vouloir assumer, sans pour autant tomber dans le travers de la caricature et de l'agression".

"En termes d'images, elle a réussi, mais ça ne suffit pas", a affirmé Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et ancien président de la région Poitou-Charentes, aujourd'hui dirigée par Mme Royal.

Mais attention à ne pas la sous-estimer, avertit Hervé de Charette. "Ségolène Royal a révélé depuis un an qu'elle a les capacités de la fonction présidentielle et ceux qui, à l'UMP, disent le contraire, commettent une grave erreur d'appréciation qui se retournera contre nous", affirme l'ancien ministre.

Pour le politologue François Miquet-Marty (LH2), Ségolène Royal sera "un adversaire très coriace" pour Nicolas Sarkozy. "Elle est sur un terrain sur lequel il se place aussi, celui de la rupture, et elle y réussit très bien et peut-être même mieux que lui". "Elle n'a pas été, à la différence de Nicolas Sarkozy, engagée ces dernières années dans un gouvernement, elle est jusqu'ici apparue extérieure au jeu des partis politiques, en particulier celui du PS. Elle incarne aussi un style politique qui est davantage en rupture par rapport à ce qu'on a vu jusqu'ici", a-t-il expliqué. "C'est le coeur de sa force", dit-il.
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Publié dans Présidentielle 2007

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