Rassemblements de policiers pour protester "contre les violences" qu'ils subissent

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Rassemblements de policiers pour protester "contre les violences" qu'ils subissent

Dopés par la campagne pour les élections professionnelles, les deux principaux syndicats de police organisent jeudi et lundi en France des rassemblements destinés à protester contre les "violences" subies par les policiers et à exprimer leur "ras le bol".
Manifestation de policiers le 18 octobre 2006 à Versailles, après l'agression d'un agent à Epinay-sur-Seine

Jeudi, l'UNSA-police, second syndicat de gardiens de la paix et de CRS, proche de la gauche, a prévu trois rassemblements à Paris, Lille, Lyon, et une manifestation à Marseille où sera présent son secrétaire général, Joaquin Masanet.

Lundi, Alliance, le premier syndicat, proche du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, appelle à des "rassemblements dans tous les départements", auxquels son secrétaire général, Jean-Claude Delage, convie les "élus républicains".

Ces deux initiatives entendent répondre aux violences récentes contre les policiers dans les banlieues et à l'agression dont a été victime à Marseille Mama Galledou, grièvement brûlée lors de l'incendie criminel d'un bus.

"Il y a un ras le bol des policiers", affirme M. Masanet, ajoutant: "il faut revaloriser le métier et nous donner les moyens" alors que "nous sommes le dernier rempart dans certains endroits".

L'UNSA-police appelle à se rassembler sous la bannière "halte à la violence contre les policiers et les citoyens", un slogan que ne renierait pas M. Delage.

Alliance réitère sa demande d'un "Grenelle de la sécurité (police, justice, éducation nationale, élus, etc.) dans les meilleurs délais". Il organise des rassemblements devant les préfectures avec remise de motions demandant de "meilleurs conditions de travail" pour les policiers.

Les deux syndicats nient que la campagne pour les élections professionnelles de la police, du 20 au 23 novembre, aient un rapport avec leurs initiatives.

Il y a eu peu de manifestations de policiers depuis celles de 2001 qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de membres des forces de l'ordre, gendarmes, au statut militaire, compris.

Les élections professionnelles, moment traditionnellement fort dans la police, n'en revêtent pas moins un intérêt particulier à l'approche de l'échéance présidentielle.

M. Masanet, qui ne fait pas mystère de son soutien pour Ségolène Royal, prétendante à la candidature socialiste, espère que son syndicat redeviendra le premier. Une place que lui a ravie en 2003 Alliance, à la suite de Dissensions syndicales à l'UNSA qui se sont estompées et lui laissent espoir d'y parvenir.

Sa victoire, selon des observateurs du monde policier, pourrait être interprétée comme un "désaveu" pour M. Sarkozy à quelques mois de la présidentielle et de son possible départ de Beauvau.

Alliance a redit la semaine dernière son soutien à M. Sarkozy après qu'un responsable régional du syndicat, Yves Louis, lors d'un meeting, eut demandé au "ministre-candidat" Nicolas Sarkozy de "quitter ses fonctions" et de se consacrer à ses ambitions personnelles" provoquant un choc à Alliance.

FO-police, elle, fait campagne pour une "journée de droit de retrait des policiers" en réaction aux "violences", mot d'ordre rejeté par les autres syndicats.

A surveiller dans ce contexte le score que fera un syndicat minoritaire, Action-police CFTC, proche de l'extrême-droite et actif dans les commissariats.

Dominique Achispon, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police (SNOP), a dénoncé mardi une "surenchère", demandant au président Jacques Chirac de veiller à ce que les policiers "ne soient pas les pions d'enjeux politiques" en cette période "de campagnes électorales".
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Publié dans Faits divers

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