Procès du Mont Sainte-Odile : relaxe générale
Procès du Mont Sainte-Odile : relaxe généraleLe tribunal correctionnel de Colmar a relaxé mardi les six prévenus poursuivis après le crash qui avait fait 87 morts et 9 rescapés en janvier 1992.
Le président du tribunal Pierre Wagner a estimé que les prévenus n'avaient "pas commis de faute pénale", aucune "faute caractérisée" n'ayant été relevée à leur encontre. Le tribunal correctionnel de Colmar a relaxé mardi les six prévenus poursuivis après le crash aérien du Mont Sainte-Odile qui avait fait 87 morts et 9 rescapés en janvier 1992.
Le tribunal a en revanche reconnu l'"entière responsabilité civile" des compagnies Airbus et Air France (en qualité de successeur de la compagnie Air Inter) qui ont été condamnées à verser des réparations au titre du préjudice moral subi par les victimes ou les familles de victimes. L'association des familles des victimes de la catastrophe Echo s'est vue attribuer 500.000 euros d'indemnités et certaines familles de victimes des sommes allant de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Le lien de causalité : Le président d'Echo s'est déclaré extrêmement "soulagé et satisfait" du jugement rendu. La justice "vient de reconnaître la vérité : ce n'est pas la fatalité mais les responsabilités" qui sont à l'origine de l'accident, a-t-il déclaré. "Pour Echo, c'est un grand jour. Les 14 années de procédure ne sont pas perdues. Je me réconcilie avec la justice de mon pays. Ils ne sont pas morts pour rien", a-t-il conclu.
Le Parquet avait requis en juin dernier un an de prison avec sursis contre Bernard Ziegler, 73 ans, ancien directeur technique d'Airbus Industrie, Daniel Cauvin, 69 ans, ex-directeur général adjoint d'Air-Inter, et Claude Frantzen, 69 ans, ancien chef du contrôle technique de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), et neuf mois avec sursis contre Eric Lammari, 50 ans, contrôleur aérien à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim au moment du crash. Le Parquet avait en revanche préconisé la relaxe de Jacques Rantet, un ancien directeur d'exploitation d'Air Inter, et de Pierre-Henri Gourgeon, ancien directeur général de la DGAC.
Pour condamner les prévenus des délits d'homicides et de blessures involontaires, le tribunal aurait dû faire la démonstration d'un lien de causalité certain entre la faute reprochée et le dommage, et surtout d'une faute caractérisée pour chacun des prévenus. L'avion, un Airbus A320 d'Air Inter, s'était écrasé le 20 janvier 1992 sur un versant enneigé du massif du Mont Sainte-Odile, alors qu'il se préparait à atterrir à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim.