Le retour de flamme de la Chiraquien

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Le retour de flamme de la Chiraquien

Depuis la bévue atlantiste de Nicolas Sarkozy, les Chiraquiens ne le sont plus du tout, attentistes. Ils profitent plus que jamais du moindre faux pas du ministre de l’Intérieur, pour jouer du tam-tam sur son crâne. Histoire de faire résonner leur différence. Pas étonnant que Nicolas Sarkozy en ait conçu une épouvantable migraine, il y a quinze jours.

La baston a donc commencé par cette visite du ministre de l’Intérieur à George Bush, durant laquelle Nicolas Sarkozy a défendu une alliance « sans arrogance » avec les Etats-Unis. Une forme d’allégeance qui ne pouvait que séduire la première puissance mondiale, et fournir à Nicolas un allié de poids dans sa course à la présidentielle.

 C’était sans compter sur l’énergie retrouvée de Jacques Chirac et son Gaullisme souverainiste, mâtiné d’anti-américanisme. Une posture largement approuvée par les Français et qui l’a poussé au sommet de sa popularité durant l’offensive américaine en Irak. En privé, le président a aussitôt qualifié les propos de Sarkozy de « lamentables » et de « faute ».

Mais ce sont surtout ses lieutenants qui ont porté la riposte. Michèle Alliot-Marie dépêchée aux Etats-Unis a contre-attaqué : «Il n'y a pas d'arrogance à dire à un ami ce que l'on pense ».

 Jean-Louis Debré, prolongeant l’estoc dans le Journal du dimanche: «dénigrer, contester, critiquer la politique d'un gouvernement dont on est membre est non seulement une erreur, mais une faute politique ». Le grognard chiraquien a même ouvert franchement les hostilités : «attention à ceux qui sèment le vent, ils pourraient récolter la tempête».

Depuis cet événement, MAM affirme de plus en plus clairement ses velléités présidentielles. Elle a déposé les statuts de son association « Le Chêne », l’ancien surnom de Charles de Gaulle. Et d’affirmer avec assurance : « pour de nombreux militants, je suis la seule à pouvoir battre Ségolène Royal ».

 Même l’éculé Villepin semble de retour dans la course à l’Elysée, bien qu’il s’en défende. A l’heure où le ministre de l’Intérieur est chahuté à propos de sa politique répressive dans les banlieues, lui met en avant son action sociale : « s'il y a bien un domaine dans lequel le gouvernement a agi avec une détermination sans faille, c'est bien la politique en faveur des quartiers" clame-t-il. Manière de se dédouaner de la politique de son propre ministre.

 Le chef du gouvernement arbore aussi fièrement ses bons chiffres du chômage : 8,8% de la population active en septembre. Lui au moins, a des résultats semble-t-il dire aux Français. Un argument qui pourrait s’avérer décisif pour les Primaires UMP de janvier prochain.

 Enfin, dans les couloirs, on murmure que le clan Chirac irait jusqu’à favoriser la victoire du clan d’en face plutôt que d’accepter celle de Nicolas Sarkozy. C’est le cas notamment d’Azouz Begag, fidèle villepéniste et l’un des plus sévères opposants du ministre de l’Intérieur. Ou encore de Jean-Louis Debré qui a adressé, ni plus ni moins, que ses « vœux chaleureux » à Ségolène Royal, suscitant les foudres des députés UMP.
La fameuse « machine à perdre » se mettrait donc en place à droite ? En tout cas, Nicolas Sarkozy n’en a pas fini avec ses maux de tête.
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Publié dans Présidentielle 2007

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