Sarkozy et Royal se disputent "l'ordre juste"
Sarkozy et Royal se disputent "l'ordre juste"En visite à Villepinte, le président de l'UMP a usé de cette expression souvent employée par Ségolène Royal. Il affirme avoir été le 1er à l'utiliser. "Il n'y a pas de justice possible sans ordre", a-t-il dit.
"L'ordre juste", peut-être, mais dans quel ordre? Nicolas Sarkozy s'est dit vendredi à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, "pour l'ordre juste", une formule souvent employée par Ségolène Royal. "Ca fait bien longtemps que je l'ai employée, celle-là", a assuré le président de l'UMP. "Il n'y a pas de copyright" sur cette expression, a de son côté affirmé l'entourage du ministre.
A l'occasion d'une rencontre avec des chauffeurs de bus pour évoquer les problèmes de sécurité dans les transports, le ministre de l'Intérieur a affirmé qu'il fallait "une éducation nationale qui inculque le sens des mots autorité et respect". "Il faut de vraies valeurs d'éducation, il faut un règlement intérieur de l'école qui soit appliqué. Il faut une justice qui punisse, il faut une police suffisamment réactive pour protéger les honnêtes gens et les victimes", a-t-il ajouté. "Je suis pour l'ordre juste, car il n'y a pas de justice possible sans ordre", a affirmé le numéro deux du gouvernement.
Concept "éminemment de gauche" : "Je crois que mes préoccupations commencent à se faire entendre", a réagi Ségolène Royal à l'issue d'un entretien avec le président irakien Jalal Talabani dans un hôtel parisien. A la question de savoir si, en utilisant l'expression, Nicolas Sarkozy lui avait rendu hommage, la présidentiable PS a répondu : "En quelque sorte, mais en même temps, je pense que pour lui, c'est une formule, alors que pour moi, derrière cette idée, il y a aussi toute une série d'actions politiques qui se déclinent dans tous les domaines de la vie publique".
Selon la présidente de Poitou-Charentes, l'"ordre juste" est "un concept éminemment de gauche". "Si M. Sarkozy reprend mon projet d'ordre juste, c'est d'une certaine façon un aveu d'échec de sa part, car le résultat de sa politique, c'est le désordre injuste", a-t-elle déclaré.
DSK critique Royal : "L'ordre ne peut pas être à soi seul un projet politique pour la gauche", a estimé vendredi Dominique Strauss-Kahn en prévenant que si le PS centrait son combat sur ce thème il perdrait face à Nicolas Sarkozy et à Jean-Marie Le Pen. Réitérant sur TV5Monde que sa "priorité, c'est l'économique et le social", le candidat à l'investiture socialiste a jugé la montée dans les sondages de Jean-Marie Le Pen "extrêmement inquiétante" et a souligné que cela le renforçait dans sa "détermination que nous ne pouvons pas combattre la droite et l'extrême droite sur son terrain". Si la gauche "centre" son combat sur "la question de l'ordre, alors les Français finiront toujours par choisir un Sarkozy ou un Le Pen, plutôt qu'un candidat de gauche", a-t-il estimé. Selon lui, "le candidat de gauche doit apporter une réponse aux questions sociales" qui "taraudent les Français".