Dominique Strauss-Kahn fait la leçon à Ségolène Royal

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Dominique Strauss-Kahn fait la leçon à Ségolène Royal

Si Ségolène Royal a été chahutée jeudi soir par des militants socialistes au Zénith, c'est qu'elle a fait un "mauvais discours", affirme Dominique Strauss-Kahn dans une interview publiée par Libération.

Ce soir-là, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et le troisième candidat à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle de 2007, Laurent Fabius, s'affrontaient devant plus de 5.000 militants dans cette salle de concert parisienne.

La présidente de la région Poitou-Charentes et l'ex-Premier ministre ont été copieusement hués. Dominique Strauss-Kahn a été épargné, ce qui fait dire aux partisans de Ségolène Royal que le chahut avait été organisé par ceux de l'ancien ministre de l'Economie.

L'un de ses porte-parole, Arnaud Montebourg, cité samedi par Libération, affirme ainsi avoir "des témoignages de gens de la section de Sarcelles (fief électoral de Dominique Strauss-Kahn) qui ont reçu instruction (...) de siffler Ségolène Royal".

Ces instructions, accuse-t-il, auraient été données par un proche de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadelis. Ségolène Royal a pour sa part invité ses rivaux à "calmer" leurs troupes et réclamé plus de "respect mutuel".

"La vie politique n'est pas faite que d'applaudissements", réplique Dominique Strauss-Kahn dans Libération. "Il peut arriver à chacun d'entre nous de faire une mauvaise intervention. Ne transformons pas un mauvais discours en une crise des socialistes."

Le député de Sarcelles, dont le conseiller en communication Ramzi Khiroun a failli en venir aux mains avec Julien Dray, porte-parole du PS et partisan de Ségolène Royal, à l'issue du débat de jeudi, selon les témoignages de journalistes, fait la leçon à la présidente de Poitou-Charentes et à ses proches.

"L'entourage de Ségolène Royal ne devrait pas surréagir", dit-il. "Il arrive que l'on traverse de mauvaises passes dues à de mauvais sondages ou à des formulations approximatives. Mais un candidat à l'élection présidentielle doit savoir ne pas faire porter aux autres la responsabilité de ses propres erreurs."

"ACCENTS DEMAGOGIQUES" :  Il fait notamment allusion aux "jurys de citoyens" proposés par Ségolène Royal, une proposition très controversée, à gauche comme à droite.

Selon un sondage CSA-Le Bleu de Profession politique publié vendredi, la présidente de la région Poitou-Charentes reste certes la candidate préférée des sympathisants socialistes mais perd 15 points en une semaine, avec 57% d'avis favorables.

Dominique Strauss-Kahn continue pour sa part de réduire son retard en passant de 18% à 23% d'avis favorables dans le même laps de temps. Dans Libération, il assure croire pouvoir battre la compagne du premier secrétaire du PS François Hollande.

"Je le pense depuis le début", dit-il. "J'ai toujours pensé que lorsqu'on connaîtrait vraiment les candidats nous sortirions du virtuel. Nous y sommes et les choses sont très ouvertes."

Dominique Strauss-Kahn entend des "accents démagogiques" dans les propositions de Ségolène Royal comme les jurys de citoyens ou l'encadrement militaire des jeunes délinquants.

"Partir des sondages pour avancer des propositions n'est pas ma conception de la politique", explique-t-il. "Je m'interroge sur la méthode qui consiste à lancer des idées (...) avant que l'entourage de Ségolène Royal n'effectue à chaque fois une sorte de rétropédalage."

Dominique Strauss-Kahn, qui avait fait campagne pour le "oui" à la Constitution européenne en 2005, tend en revanche une main à Laurent Fabius, qui avait milité pour le "non".

"Le débat sur le référendum est derrière nous", dit-il. "Entre nous, il n'y a pas de fossé infranchissable. Je crois possible de rassembler les positions des uns et des autres."
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Publié dans Présidentielle 2007

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