Les banlieues au coeur du débat des présidentiables PS

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

Les banlieues au coeur du débat des présidentiables PS

Un an après les émeutes en banlieues, les trois présidentiables socialistes ont décliné jeudi leurs solutions pour les cités et leurs habitants, dénonçant "l'échec total" de Nicolas Sarkozy.

Devant plus de 5.500 militants réunis à Paris, Laurent Fabius a appelé les électeurs des banlieues à aller voter pour mettre le ministre de l'Intérieur "en retraite" tandis que Dominique Strauss-Kahn lui demandait de "retirer les cars de police des cités" pour éviter "un drame".

Ségolène Royal a insisté de son côté sur la nécessité d'améliorer l'intégration des populations d'origine étrangère. La présidente de Poitou-Charentes veut "aider les Français à "changer de regard" sur l'immigration.

"Il y a un an, à un jour près à quelques kilomètres d'ici Bouna et Zyad mourraient carbonisés. Depuis, dans la ville de Clichy-sous-Bois comme dans beaucoup d'autres villes, rien n'a changé", a déclaré Laurent Fabius, premier à prendre la parole sur la scène du Zénith, dans une ambiance parfois électrique.

"Nous savons que ces problèmes sont extraordinairement difficiles mais nous savons aussi que rien ne changera sans un changement politique et sans son symbole", a poursuivi l'ancien Premier ministre, .

"Ce sera un des grands enjeux de 2007:
il faut que les électrices et les électeurs de France et notamment ceux des banlieues qui veulent que reviennent la paix civile et l'harmonie et que ces quartiers aient une chance, votent et décident en 2007 de mettre M. Sarkozy en retraite", a-t-il insisté.

"FAIRE UN SIGNE" :  "Entre les trains bondés et les barres bétonnées, entre une somme de nuisances et les hypermarchés trop chers se concentrent dans certaines banlieues tout ce que la France compte d'inégalités", a expliqué de son côté Dominique Strauss-Kahn, qui a mis en avant son expérience d'élu de Sarcelles.

"Si l'on veut retrouver le calme dans les jours qui viennent, si on ne veut pas que l'anniversaire des événements d'il y a un an soit un drame pour la France, il faut faire un signe", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie. "Alors je vous le dis Nicolas Sarkozy, il faut retirer maintenant les cars de police des cités, il faut que les cars de CRS s'éloignent". Les banlieues, "ne sont pas des terrains conquis militairement et qu'il faut occuper. Ce sont des villes où il y a nos jeunes, ce sont des villes où nous sommes tous!", s'est-il indigné.

La lutte contre les discriminations, "ce sera (s)on combat" et tirer les banlieues vers les haut, sa "priorité de tout premier rang". "Il faut de l'argent dans les banlieues mais il faut autre chose: du respect", a souligné Dominique Strauss-Kahn, qui a de nouveau défendu devant les militants sa proposition de "patrimoine de départ" pour les jeunes en difficulté.

Ségolène Royal devait répondre à la même question que ses compétiteurs sur les "promesses non tenues du gouvernement" pour les banlieues et les "provocations répétées" de Nicolas Sarkozy. La favorite des sondages a invité les socialistes à convaincre les Français "qu'une France métissée, c'est une chance et c'est notre avenir" car "quand on entre dans une salle où tout le monde est blanc, on se dit que quelque chose ne va pas".

"Si la République tient sa promesse égalitaire, les choses changeront dans le pays", a-t-elle estimé. "Si la France et si la Nation reconnaissent enfin comme légitimes tous (leurs) enfants d'où qu'ils viennent en cessant de les appeler de la première, de la deuxième ou troisième génération, ce que l'on fait jamais pour les jeunes issus de pays européens (...) les choses changeront".
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Publié dans Présidentielle 2007

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