Nicolas Sarkozy se pose en défenseur du monde agricole
Nicolas Sarkozy se pose en défenseur du monde agricoleNicolas Sarkozy a affiché son ambition de répondre au "profond malaise" et aux "injustices" subies par le monde agricole, qu'il entend combattre dans la perspective d'une victoire de son camp en 2007.
"Quand on a travaillé dur dans nos campagnes, on a parfois un sentiment d'injustice", a déclaré le président de l'UMP dans le discours de clôture d'une convention de son parti consacrée à l'avenir de l'agriculture.
Rappelant que la retraite moyenne des paysans est inférieure à 400 euros par mois, il s'est posé en défenseur de "ces agriculteurs qui n'ont rien et de ces femmes d'agriculteurs qui ont moins que rien alors qu'elles ont tout donné dans leur vie".
Faisant un parallèle avec la récente revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises, Nicolas Sarkozy a estimé que "l'injustice outre-mer ne (devait) pas faire oublier l'injustice à notre porte".
Pour la prochaine présidentielle, l'UMP prône l'accélération des biocarburants via la défiscalisation, comme cela se fait en Suède, et propose d'instaurer une "pastille bleue" qui procurerait des avantages comme le parking gratuit. Elle prône aussi une meilleure exploitation de la biomasse et le développement de la chimie verte.
"La chimie verte, je n'ai rien contre. D'ailleurs, partons du principe que pendant six mois, je n'ai rien contre personne, ça sera plus simple", a-t-il lancé sur le ton de la plaisanterie, en référence aux frictions de ces derniers jours entre "sarkozystes" et "chiraco-villepinistes".
Autre allusion à ses ambitions élyséennes, il a fait un parallèle entre la période "2007-2012" pour la Politique agricole commune et le prochain quinquennat présidentiel. "La période 2007-2012, ça tombe bien... ce n'est pas moi qui l'ai choisie !", a-t-il lancé, déclenchant les rires de l'assistance.
UNE PAC "MOINS PAPERASSIÈRE" : Nicolas Sarkozy a mis en garde contre le danger de "fonctionnarisation" d'une agriculture où la part des aides serait disproportionnée par rapport à celle des revenus de la production. "C'est la condition de la dignité", a-t-il estimé.
Il s'est prononcé pour une Politique agricole commune "plus simple, moins paperassière", "mieux expliquée, et mieux défendue".
Le coût de la Pac, qui représente 40% du budget communautaire, "n'est ni injustifié, ni excessif" et "nous n'avons pas à nous en excuser", a insisté le président de l'UMP. "La Pac est la seule politique commune, supprimer la Pac c'est supprimer la seule politique commune".
Les négociations au sein de l'OMC "doivent repartir sur des bases saines et des objectifs clarifiés. Je réfute vigoureusement la logique qui voudrait que nous échangions notre agriculture contre des services", a-t-il dit, faisant remarquer que l'échec des négociations laisserait le champ libre à la concurrence américaine.
Dénonçant ceux qui font "du dumping fiscal et environnemental", à l'image de Washington, il s'est prononcé pour une "concurrence loyale", à "armes égales".
Le président de l'UMP a émis le souhait que les négociations à l'OMC soient menées par "un représentant politique se concertant avec les ministres concernés", et non par des "responsables administratifs qui n'ont pas de compte à rendre" - il a cité le Commissaire européen à la Concurrence Peter Mandelson et le directeur général de l'OMC Pascal Lamy.
Issu d'un milieu urbain, où il a fait toute sa carrière politique, Nicolas Sarkozy a reconnu avoir "beaucoup à apprendre" des ruraux. Mais "dans (s)on esprit, il n'y a pas la France des villes et la France des campagnes, il n'y a qu'une seule France".
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