Racket : information judiciaire contre cinq CRS
Racket : information judiciaire contre cinq CRSLes fonctionnaires de la CRS 7 sont soupçonnés d'avoir racketté à 12 reprises au moins des chauffeurs de taxis en banlieue parisienne. Ils devraient être mis en examen pour "extorsion de fonds" dans la journée.
Le parquet de Bobigny a annoncé mercredi l'ouverture d'une information judiciaire pour "extorsion de fonds" et "tentative d'extorsion de fonds" contre cinq gardiens de la paix de la CRS 7, soupçonnés d'avoir racketté à 12 reprises au moins des chauffeurs de taxis. Déférés dans la matinée, ces cinq gardiens de la paix, âgés de 23 à 30 ans, de la compagnie autoroutière de Deuil-la-Barre, dans le Val-d'Oise, devaient être mis en examen par un juge d'instruction de ces chefs d'accusation.
L'extorsion de fonds est un délit puni de 7 ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende. Le parquet, a précisé le procureur de la république, François Molins, lors d'un point presse, a demandé leur placement en détention provisoire. Au total, 10 fonctionnaires avaient été placés lundi en garde à vue dans les locaux de l'Inspection générale des service (IGS, la "police des polices" parisiennes) mais cinq ont été remis en liberté mardi. Les fonctionnaires ont été interrogés un à un et confrontés aux douze chauffeurs de taxis les mettant en cause.
"Les cinq fonctionnaires ont passé des aveux" : "Des infractions réelles ou supposées étaient relevées par ces policiers", a expliqué le procureur, "accompagnées systématiquement de menaces de retrait de licence de taxis ou de points sur le permis". Puis, "ils proposaient une alternative avec paiement d'une somme d'argent qui allait de 50 à 290 euros". Ces pratiques de "rançonnage" n'ont visé que des chauffeurs d'origine étrangère (asiatiques, maghrébins, africains), probablement "parce qu'ils sont plus vulnérables", a expliqué le procureur, précisant que les rackets n'étaient pas accompagnés de propos racistes. Les premières plaintes remontent à début août, selon lui.
Parmi les gardiens de la paix soupçonnés, le plus âgé (30 ans) aurait pris une part plus active que les autres dans le racket. Les autres CRS ont tous 23 et 24 ans et aucun gradé n'est mis en cause dans ce dossier. "Les cinq fonctionnaires ont passé des aveux" et des "charges précises et concordantes" ont été recueillies à leur encontre après leur identification par les victimes ou des mises en cause par leurs collègues, a souligné le procureur. Il a incriminé la "médiatisation prématurée" de cette affaire qui a rendu impossible, selon lui, le constat d'un flagrant délit et a permis une concertation des policiers avant leur garde à vue.
Cette affaire est la deuxième d'importance affectant la compagnie des CRS 7: sept autres fonctionnaires de cette unité sont renvoyés devant la cour d'assises de Paris pour des viols de prostituées en région parisienne intervenus en avril 2003.