Villepin face à la motion de censure socialiste
Villepin face à la motion de censure socialisteDominique de Villepin affronte ce mardi après-midi sa troisième motion de censure socialiste, motivée cette fois par l'affaire Clearstream. Elle sera votée par le président de l'UDF, François Bayrou, une première témoignant de l'ampleur de la crise politique.
C'est la troisième pour Dominique de Villepin mais dans l'atmosphère actuelle de crise politico-judiciaire, la motion de censure discutée mardi à l'Assemblée revêt une signification particulière. Le président de l'UDF, François Bayrou, va voter la motion de censure, une première témoignant de l'ampleur de la crise politique.
Affaibli par les crises successives - banlieues, CPE, Clearstream - ainsi que par la rivalité avec son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy à quelques mois de la présidentielle, le Premier ministre va faire face à une gauche ragaillardie par l'apport sans précédent d'une partie des centristes. "Le divorce entre le pouvoir et les Français est consommé avec l'implication de l'exécutif dans la ténébreuse affaire Clearstream", affirment les socialistes, dans cette motion déposée mercredi.
"Crise de régime" : "Ce que nous voulons, c'est poser les questions publiquement, la question de la crise politique que nous traversons, crever l'abcès. La logique serait que le gouvernement s'en aille et soit remplacé par un gouvernement qui permette de trouver un climat plus serein", a déclaré mardi le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault.
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a demandé la dissolution de l'Assemblée nationale et l'organisation d'élections législatives pour mettre fin à la "crise de régime". La motion de censure n'a toutefois aucune chance d'être adoptée, l'UMP détenant la majorité absolue avec 364 députés et apparentés sur 577.
Le Premier ministre devra répondre : Cet après-midi, quatre orateurs se succéderont à la tribune de l'Assemblée nationale : François Hollande, numéro un PS, suivi par François Bayrou, puis Alain Bocquet (PCF) et Bernard Accoyer (UMP). Confronté à une chute de popularité importante et rapide (- 24 points depuis janvier selon le dernier CSA), le Premier ministre répondra, pendant 20 à 25 mn de façon étoffée, promet-on à Matignon. Mais son intervention, nuance-t-on, ne s'apparentera pas un discours de politique générale. Dominique de Villepin devrait notamment insister sur "la défense des règles et des principes de l'Etat de droit".
Villepin doit rester Premier ministre pour 47 % de Français : 47% des Français estiment que le Premier ministre Dominique de Villepin doit rester à son poste malgré les développements de l'affaire Clearstream, tandis que 37% souhaitent qu'il démissionne, selon un sondage CSA pour France Europe Express et France. 16% des Français ne se prononcent pas, selon cette enquête. A l'instar de certains responsables de la gauche, les sympathisants de gauche se prononcent majoritairement pour la démission de Dominique de Villepin: 51%, contre 34% partisans de son maintien à Matignon. En revanche, les sympathisants de droite sont très largement pour que le chef du gouvernement reste à son poste: 70%, contre 21% favorables à une démission. Sondage réalisé par téléphone les 9 et 10 mai auprès d'un échantillon national de 954 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).