Clearstream : les élus UDF voteront-ils la censure ?
Clearstream : les élus UDF voteront-ils la censure ?Les députés débattront mardi d'une motion de censure socialiste, la troisième déposée contre le gouvernement Villepin. Illustrant le malaise de la droite, pour la première fois, les centristes de l'UDF sont tentés de voter aux côtés du PS, du PCF et des Verts. François Bayrou est ce soir l'invité du 20 heures de TF1. Il devrait faire connaître sa position. Co-signée par le PRG, cette motion sera défendue par le premier secrétaire du PS François Hollande et soutenue par les communistes et les Verts. "Notre pays traverse l'une des plus graves crises politiques de la Ve République", déclarent les députés socialistes dans le texte de la motion. "Le divorce entre le pouvoir et les Français est consommé avec l'implication de l'exécutif dans la ténébreuse affaire Clearstream. Comment une telle équipe peut-elle continuer à travailler pour le pays dans ce climat délétère, alors que les causes de ce délabrement se situent en son sein même ?"
Dominique de Villepin va affronter mardi à l'Assemblée nationale, sur fond d'affaire Clearstream, une nouvelle motion de censure socialiste - la troisième déposée contre le gouvernement depuis l'arrivée de l'actuel Premier ministre à Matignon. Les élus UDF voteront-ils cette motion ? François Hollande les y engage, assurant que "tous ceux qui voteront la motion de censure serviront les intérêts du pays". Invité ce soir du 20 heures de TF1, le président de l'UDF, François Bayrou, devrait faire connaître sa position.
Pour la première fois, les centristes de l'UDF sont en effet tentés de voter la censure malgré les "manoeuvres politiciennes du PS". Ce serait une décision historique sans précédent qui consacrerait la fracture au sein de la droite et illustrerait la profondeur de la crise politique. Même si la censure n'a de toute façon aucune chance de passer, l'UMP détenant la majorité absolue avec 354 élus et 10 apparentés sur un total de 577 députés.
"Comment traduire le plus justement possible l'indignation du pays" : "Je suis tout le week-end en discussions avec mes amis, avec la conscience de la gravité de la situation", a expliqué samedi le président de l'UDF, candidat encore non déclaré à la présidentielle de 2007. "Je réfléchis pour savoir comment traduire le plus justement possible l'indignation du pays". Mais il n'a pas caché que, quand bien même il se prononcerait pour la censure, il aurait sans doute du mal à convaincre tout le groupe UDF d'en faire autant.
Fortement ébranlé, Dominique de Villepin a décidé de ne plus répondre aux révélations, semblant faire fi du "tumulte" pour tenter de reprendre le fil de l'action gouvernementale, notamment sur des dossiers consensuels, et appelant la presse au "plus grand professionnalisme". Pour leur part, ébranlés par les différentes crises (banlieues, CPE) et maintenant l'affaire Clearstream, démoralisés par la lutte fratricide Villepin-Sarkozy dont ils redoutent l'impact sur leur électorat, nombre d'élus UMP confient que la seule issue serait une démission du Premier ministre. Mais ils sont loin d'aller jusqu'à voter la censure. Le groupe UMP va en réalité être contraint d'apporter son soutien à Dominique de Villepin, la procédure pour une telle motion faisant que seuls votent les partisans de la censure.