Clearstream : l'étau se resserre

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Clearstream : l'étau se resserre

Le Canard enchaîné fait état mercredi d'une coïncidence troublante entre les lettres du corbeau et une rencontre en 2004 entre le juge chargé de l'affaire des frégates et un dirigeant d'EADS. Après Nicolas Sarkozy, d'autres personnalités politiques injustement accusées par ces courriers doivent être entendues.

La chasse au corbeau est ouverte. Et pour endosser ce rôle, le nom de Jean-Louis Gergorin, le vice-président du groupe aéronautique EADS, est cité avec insistance, mercredi encore dans le Canard Enchaîné. Selon l'hebdomadaire, le dirigeant du groupe aéronautique a rencontré fin avril 2004 le juge Van Ruymbeke dans le cadre de l'affaire des frégates de Taïwan. Le juge a confirmé. L'avocat qui a organisé l'entrevue confidentielle aussi. EADS ne fait aucun commentaire.

En mai et en juin suivants, le magistrat a reçu des envois anonymes. Et, toujours selon le Canard, ces courriers donnent des informations identiques à celles données par Gergorin lors de la rencontre secrète. Des informations identiques, mettant en cause des hommes politiques, mais fausses comme le démontrera le juge Van Ruymbeke.


"Apprentis comploteurs" :  Si le rôle du cadre d'EADS était confirmé, il resterait aux juges à expliquer ses mobiles. Jean-Louis Gergorin était à l'époque au coeur d'une guerre de succession à EADS. Il est, par ailleurs, un ami personnel de Dominique de Villepin. Les révélations du Canard "sont la confirmation que cette affaire est d'abord une affaire industrielle et non politique", a commenté l'entourage du Premier ministre.

Plusieurs personnalités mentionnées dans les faux listings devaient être entendues prochainement par les juges en qualité de parties civiles, notamment les anciens ministres Alain Madelin (UDF), Jean-Pierre Chevènement (MDC), Laurent Fabius (PS) et Dominique Strauss-Kahn (PS). Mardi, chez les juges, Nicolas Sarkozy a dénoncé "la bassesse des apprentis comploteurs" et déclaré qu'il veut "savoir qui (l)'a mis sur ces fichiers et pourquoi on (l)'y a mis". Le soir, lors d'un meeting à Nîmes, le président de l'UMP est revenu à la charge, fustigeant les "machinations", "officines" et "apprentis comploteurs".

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Publié dans Affaire Clearstream

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