"Un Watergate à la française"

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  "Un Watergate à la française"

Au PS, à l'UDF ou à l'UMP, les déclarations politiques se sont multipliées ce week-end à propos de l'affaire Clearstream. DSK a évoqué sur TF1 l'exemple du Watergate, Ségolène Royal a dit s'attendre à "la fin d'un règne sans éthique". François Bayrou a dénoncé "une situation intenable" pour l'exécutif.

A GAUCHE :

- Dominique Strauss-Kahn, dimanche soir au 20 heures de TF1 :
Cité de manière fausse comme détenteur d'un compte à l'étranger dans l'affaire Clearstream, "DSK" s'est porté partie civile, comme Nicolas Sarkozy. Il a évoqué dimanche "une sorte d'écoeurement vis-à-vis de la situation". Et de détailler : "c'est une utilisation scandaleuse des services secrets, une sorte de Watergate à la française. Le pays est en panne, c'est totalement inacceptable." DSK a fustigé "le trio infernal qui dirige le pays, cette bande, ce clan qui abîme l'image du pays", estimant que "la fin de mandat" de Jacques Chirac était "désastreuse". Il a dit attendre des "décisions dans les jours qui viennent parce que c'est l'interêt de la France qu'on sorte le plus vite possible de cette situation totalement déliquescente". Selon lui, "la France ne peut pas rester le seul pays au monde qui est une démocratie dans lequel une situation de cette nature existe sans qu'aucune traduction politique soit prise".

- François Hollande, premier secrétaire du PS, sur Radio Caraïbes Internationale :
"L'audition du Premier ministre est indispensable. Il faut qu'il puisse être entendu par la Justice : est-ce qu'il a fait diligenter une enquête sur son ministre de l'Intérieur ? Il faut qu'il soit entendu le plus rapidement possible. Que l'on puisse utiliser les services de l'Etat, organiser des manoeuvres ou des complots, c'est inadmissible. On ne sait plus qui manipule qui. Au nom du Parti socialiste, je demande la vérité et toute la vérité possible".

- Ségolène Royal (PS) dans les colonnes du Journal du Dimanche :
L'affaire Clearstream est "une confirmation de plus de la décomposition du régime chiraquien. La fin d'un règne sans éthique, l'explosion d'un système qui fait la part belle aux méthodes occultes, aux coups bas et aux manoeuvres de déstabilisation. Il est temps d'en finir", a-t-elle déclaré. Ségolène Royal a ajouté que "ce qui se passe en ce moment au sommet de l'exécutif avec Clearstream, cette lamentable affaire de manipulation, ne fait que me renforcer dans ma détermination" pour l'élection présidentielle de 2007. "Je sens que les choses sont possibles".

- Martine Aubry (PS), sur Europe 1 : "Les Français demandent la clarté et la transparence. Comment peut-on en arriver là pour des ambitions personnelles, c'est catastrophique. Alors que la France a des atouts considérables, nous sommes face à un pouvoir qui détruit l'image de la France, c'est épouvantable. Il faut y voir clair. Qu'un président de la République ait pu laisser faire cela, que nous soyons (...) dans un combat affligeant entre un Premier ministre et un ministre de l'Intérieur avec des faux, des services secrets au milieu (...) c'est affligeant pour notre pays. Trouvez-vous normal qu'un Premier ministre et un ministre de l'Intérieur s'attaquent mutuellement?".

- Vincent Peillon (PS) sur France Inter : "Quand vous êtes au premier niveau, que vous êtes pris dans une affaire judiciaire, il faut vous en aller. Le Premier ministre, qui voulait s'inscrire dans la tradition gaulliste, aurait déjà du démissionner depuis longtemps et pour d'autres raisons. Aujourd'hui, alors qu'il est pris dans une affaire judiciaire d'une telle gravité, (...) alors qu'il est mis de toute façon au dossier des juges et donc qu'il y a un soupçon, comment penser à son intégrité, aimer la France, vouloir l'incarner et en même temps vouloir continuer" à gouverner le pays ? "Là, on voit un clan qui s'accroche au pouvoir, c'est détestable".

- Arnaud Montebourg (PS) sur France 3 : "Nous avons la preuve qu'un cabinet noir au plus haut niveau de l'Etat, des officines de coups tordus sont à l'oeuvre, la démonstration que les services de renseignements, DST et DGSE, ont été instrumentalisés à des fins de règlements de comptes claniques et partisans. C'est toute l'équipe gouvernementale qui est mise en cause, M. Sarkozy, Mme Alliot-Marie, Jacques Chirac et Dominique de Villepin, qui utilisent les fonctions régaliennes les plus vitales de l'Etat à des fins personnelles. C'est un discrédit général. Nous sommes arrivés à un niveau de dégoût national par rapport à l'utilisation que le pouvoir fait des services de l'Etat".

A DROITE :

- François Bayrou, dimanche soir sur France 3 :
"Il y a une haine inextinguible au sommet de l'Etat entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement, avec le président de la République comme sommet de ce triangle". Comme on lui demandait si le Premier ministre devait démissionner, il a répondu : "je n'emploie pas ce genre de mots. A eux de prendre la décision". Toutefois, François Bayrou a jugé que "la situation apparaissait comme intenable", en observant que Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy étaient "assis à la même table au Conseil des ministres, face à face".

- Marielle de Sarnez (vice-présidente UDF) dans un communiqué : "Cette crise gravissime illustre magistralement la décomposition d'un système, d'un pouvoir et d'un parti. Il revient au président de la République, au Premier ministre et au président du parti majoritaire, quel que soit l'état de leurs relations, de trouver rapidement une issue honorable à une crise qui porte gravement atteinte à l'image de la vie publique en France".

- Jean-Louis Bourlanges (UDF) dans les colonnes du Journal du Dimanche : La défense de Dominique de Villepin "est d'une idiotie abyssale ! Si les allégations portées contre tel ou tel membre de son gouvernement lui semblaient crédibles, il avait, en tant que chef du gouvernement, non seulement le droit mais le devoir de faire enquêter sur les personnes concernées. Le fait qu'il s'en défende aujourd'hui avec une telle énergie signe l'entreprise de manipulation : Villepin n'ose pas avouer qu'il a fait enquêter sur Sarkozy précisément parce qu'il sait qu'il ne l'a fait que pour des raisons strictement politiciennes".

- Nicolas Dupont-Aignan (UMP, candidat déclaré à la présidentielle) : "Allons-nous vivre encore un an dans ce climat nauséabond, qui nous éloigne des vrais problèmes du pays? Comment le gouvernement peut-il travailler dans cette ambiance délétère?", s'est demandé samedi le député de l'Essonne à l'issue du conseil national de son club "Debout la République". Selon lui, "dans l'attente des résultats de l'enquête judiciaire sur l'affaire Clearstream, il appartient au président de la République de remettre vite de l'ordre dans son gouvernement si l'on veut éviter le suicide collectif de la majorité et plus largement de la République".

- François Bayrou, dimanche soir sur France 3 : "Il y a une haine inextinguible au sommet de l'Etat entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement, avec le président de la République comme sommet de ce triangle". Comme on lui demandait si le Premier ministre devait démissionner, il a répondu : "je n'emploie pas ce genre de mots. A eux de prendre la décision". Toutefois, François Bayrou a jugé que "la situation apparaissait comme intenable", en observant que Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy étaient "assis à la même table au Conseil des ministres, face à face".

- Marielle de Sarnez (vice-présidente UDF) dans un communiqué : "Cette crise gravissime illustre magistralement la décomposition d'un système, d'un pouvoir et d'un parti. Il revient au président de la République, au Premier ministre et au président du parti majoritaire, quel que soit l'état de leurs relations, de trouver rapidement une issue honorable à une crise qui porte gravement atteinte à l'image de la vie publique en France".

- Jean-Louis Bourlanges (UDF) dans les colonnes du Journal du Dimanche : La défense de Dominique de Villepin "est d'une idiotie abyssale ! Si les allégations portées contre tel ou tel membre de son gouvernement lui semblaient crédibles, il avait, en tant que chef du gouvernement, non seulement le droit mais le devoir de faire enquêter sur les personnes concernées. Le fait qu'il s'en défende aujourd'hui avec une telle énergie signe l'entreprise de manipulation : Villepin n'ose pas avouer qu'il a fait enquêter sur Sarkozy précisément parce qu'il sait qu'il ne l'a fait que pour des raisons strictement politiciennes".

- Nicolas Dupont-Aignan (UMP, candidat déclaré à la présidentielle) : "Allons-nous vivre encore un an dans ce climat nauséabond, qui nous éloigne des vrais problèmes du pays? Comment le gouvernement peut-il travailler dans cette ambiance délétère?", s'est demandé samedi le député de l'Essonne à l'issue du conseil national de son club "Debout la République". Selon lui, "dans l'attente des résultats de l'enquête judiciaire sur l'affaire Clearstream, il appartient au président de la République de remettre vite de l'ordre dans son gouvernement si l'on veut éviter le suicide collectif de la majorité et plus largement de la République".

- Jean-Marie Le Pen (FN) : "Ça me paraît être une grosse bulle d'air (...) Je ne vois pas ce qu'il y a de monstrueux dans cette affaire". Le président du Front national a expliqué qu'il ne lui paraissait "pas scandaleux" qu'un Premier ministre ordonne une enquête sur un autre membre du gouvernement, sauf s'il s'agit "d'impliquer de façon calomnieuse" celui-ci. "Je ne demande pas la démission de M. Villepin", a-t-il ajouté, en souhaitant que le gouvernement "aille jusqu'au bout" de la législature : "M. de Villepin est somme toute, dans les différentes crises qui se sont succédé, celui qui relativement a tenu le plus dignement le rôle qui est censé être le sien".

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Publié dans Affaire Clearstream

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