Le sort du CPE se joue lundi matin
Le sort du CPE se joue lundi matinAprès une réunion au sommet à l'Elysée à 9h00, Dominique de Villepin s'exprimera à 10h30 à Matignon pour annoncer l'arbitrage de Jacques Chirac. Le CPE devrait être remplacé par un dispositif uniquement ciblé sur les jeunes en difficulté. Les syndicats se réuniront à 16h30 pour définir leur position. Les 12 organisations à la tête du mouvement anti-CPE doivent se retrouver à 16H30 pour décider des éventuelles suites du mouvement. Les opposants au CPE se montrent toutefois plutôt confiants. Sans vouloir vendre la peau de l'ours, ils sentent le CPE au bord du chaos, d'où une certaine confiance, comme chez Maryse Dumas (CGT), pour laquelle "quoi qu'il arrive le gouvernement a perdu: que ce soit la semaine prochaine, dans un mois ou dans deux mois il devra retirer le CPE.". D'ores et déjà, lycéens et étudiants ont choisi de ne pas laisser retomber la pression malgré le début des vacances scolaires: Unef (étudiants), Fidl et UNL (lycéens) se sont ralliées à l'appel lancé par la oordination étudiante pour organiser une journée d'action mardi.
Après plus de deux mois de crise autour du contrat première embauche, ce lundi pourrait s'avérer décisif, avec la présentation de la proposition de loi élaborée par la majorité et l'exécutif, face à des syndicats qui sentent le contrat première embauche au bord de la disparition. Jacques Chirac recevra Dominique de Villepin dès 8h30. Les deux hommes doivent examiner "la proposition commune" élaborée par les présidents de groupes UMP de l'Assemblée et du Sénat avant une réunion plénière à 9h00 à laquelle participera Nicolas Sarkozy. A 10h30, le Premier ministre prononcera une allocution depuis Matignon.
Pour mettre fin au conflit, la solution qui semble se dessiner serait un remplacement de l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances par une proposition de loi qui instituerait un dispositif ciblé sur les jeunes en difficulté. Ainsi, François Fillon déclarait dimanche sur Europe 1 que le CPE serait " remplacé " par un nouvel outil, faisant allusion aux contrats '"jeunes en entreprise", Civis et contrats de professionnalisation. Cette proposition de loi pourrait être discutée dès mardi à l'Assemblée et votée en fin de semaine.
En effet, le temps presse pour la majorité confrontée à l'ultimatum des organisations syndicales qui lui ont donné jusqu'au 17 avril (date des vacances parlementaires) pour voter une loi abrogeant le CPE.
Réunion de l'intersyndicale anti-CPE à 16h30 : Abrogation, suspension ou substitution : les syndicats refusent de rentrer dans les arcanes sémantiques, pressant eux aussi le gouvernement de délivrer un message clair et menaçant dans le cas contraire de poursuivre la mobilisation. "Ce que l'on veut, c'est que le CPE disparaisse et qu'il ne s'applique jamais (...) abrogation ou retrait, la solution est la même", estime François Chérèque (CFDT). "S'il y a pas d'annonce claire d'un retrait, quel que soit le terme employé (...), ça veut dire que le gouvernement joue la montre", explique pour sa part Bruno Julliard (Unef).
CPE : une majorité de Français juge la droite responsable du blocage : Une majorité de Français (57%) estiment que le gouvernement et l'UMP sont les "principaux responsables" du blocage sur le CPE, contre 31% qui désignent les syndicats de salariés et les organisations d'étudiants, selon un sondage Ipsos réalisé pour LCI, le Figaro et RTL. 7% des personnes interrogées pensent que les deux sont responsables. 5% ne se prononcent pas. 57% des Français se déclarent "solidaires" du mouvement de contestation du CPE (22% "tout à fait solidaire" et 35% "plutôt solidaire"), contre 32% qui se disent "pas solidaires" (14% "plutôt pas" et 18% "pas du tout") 9% sont "indifférents" et 2% sans opinion