Des blocages anti-CPE tous azimuts
Des blocages anti-CPE tous azimutsLes manifestants anti-CPE étaient toujours mobilisés jeudi matin dans l'Ouest, bloquant plusieurs axes routiers à Nantes, Rennes, Lorient et Quimper. A la gare de l'Est à Paris, le trafic a été interrompu. A Toulouse, la nuit dernière, les manifestants ont bloqué un convoi de tronçons d'A380.
A Paris, une centaine de manifestants anti-CPE, des cheminots et des étudiants, ont bloqué jeudi matin pendant 45 minutes le trafic de la gare de l'Est. La direction de la gare a été contrainte de couper le courant pour des raisons évidentes de sécurité. Ils ont été repoussés en douceur par les forces de l'ordre indique un responsable de la gare. Les manifestants ont quitté dans le calme la gare avant de se prendre la direction de la gare du Nord.
Au Mans, plus de 2.000 personnes ont manifesté dans le nord de l'agglomération, bloquant d'abord l'accès à une zone commerciale puis l'accès à l'autoroute et à la rocade du Mans. Le cortège était majoritairement composé de militants syndicaux. Un groupe de 150 à 200 personnes a ensuite bloqué l'autoroute vers Paris. Les manifestants ont été environ 500 à Orléans, surtout des lycéens, et 200 à Tours. A Rennes, quelque 1.200 personnes, selon la police, ont manifesté à la mi-journée en centre-ville ; plus tôt, de petits groupes avaient provoqué des ralentissements en bloquant l'une des entrées de la ville et envahi une agence ANPE.
A Nantes, une centaine de manifestants ont mis en place, à l'appel de la CGT, jeudi de 5h30 à 7H30 un premier barrage filtrant à l'entrée de la ville, sur l'axe Rennes-Nantes, provoquant de fortes perturbations de circulation. A partir de 7h, deux autres barrages bloquaient les accès au périphérique est et au périphérique ouest. Peu après 8h, près de 800 manifestants anti-CPE réunis dans le centre de la ville se sont dispersés pour mener des actions contre les agences ANPE de l'agglomération qui en compte huit. A Lorient, un groupe d'étudiants ont bloqué l'entrée du port de commerce, dans le centre-ville, tandis qu'à Quimper une quarantaine de jeunes entravaient les deux accès à la cité administrative. 120 lycéens bloquent l'accès à l'île d'Oléron en Charentes-Maritimes. A Boulogne-sur-Mer, ce sont les accès à la zone industrielle du port, qui ont été bloqué une partie de la matinée, provoquant la formation d'une longue file de camions aux abords.
Circulation paralysée : A Limoges la circulation a été paralysée dès 7h30 par des ycéens de presque tous les établissements de la ville et des étudiants en Sciences, Lettres et Sciences humaines ainsi que ceux de l'IUT. Des barrages de fortune ont été installés aux principaux points d'accès à la ville.
Plusieurs grands axes routiers étaient en partie bloqués jeudi matin dans les Bouches-du-Rhône par des manifestants, provoquant quelques dizaines de km de bouchons ou ralentissements. A l'entrée de Marseille, sur l'A55, la circulation était bloquée ou ralentie "sur 6 kilomètres" selon le CRIR. D'autres manifestants ont établi des barrages filtrants à Marseille à l'entrée de l'autoroute A7, en direction de Lyon, provoquant 1 kilomètre de ralentissement. Des opérations de blocage de la circulation ont aussi été signalées à Grenoble et à Chambéry. Près de Reims, plusieurs dizaines de lycéens, encadrés par des syndicalistes, ont mené entre 8h et 10h, une opération "péage gratuit" sur l'A4.
Convoi de l'A380 perturbé : Des étudiants et des syndicalistes bloquaient jeudi matin plusieurs accès des usines Airbus à Colomiers et Saint-Martin-du-Touch, près de Toulouse, pour protester contre le CPE. Cette nuit à Blagnac, les manifestants s'étaient dissimulés pour envahir la chaussée juste avant le passage d'un des convois empruntant plusieurs fois par mois l'itinéraire à grand gabarit destiné à l'A380. Déterminés à rester le plus longtemps possible, les étudiants ont organisé un sit-in agrémenté d'un feu de bois jusqu'à ce qu'une centaine de gendarmes mobiles entreprennent de libérer le passage vers 02 heures 35.
Le convoi impressionnant de remorques portant les ailes, deux cockpits et une dérive de l'avion géant a dû attendre 03 heures du matin pour passer à l'abri d'un cordon de gendarmes devant la foule des manifestants.
Défilé en centre-ville : Plus tôt dans la soirée de mercredi, 250 personnes, en majorité des étudiants, selon la police et de 500 à 1.000, selon des manifestants, avaient défilé dans le centre-ville, où un policier avait été légèrement blessé au visage par un jet de pierre. Les manifestants dont des étudiants des trois universités toulousaines, des lycéens et des intermittents du spectacle ont commencé un "concert de casseroles" vers 22H00 en scandant des slogans contre le CPE. Les manifestants se sont dispersés sans heurts vers 1 heure du matin.