Le cri d'alarme du Medef
Le cri d'alarme du MedefAprès les émeutes urbaines de novembre, la crise du CPE risque d'avoir un effet très néfaste sur l'économie. C'est le message d'alerte lancé mardi par Laurence Parisot, la présidente du Medef.
Pour la présidente du Medef, Laurence Parisot, les crises des banlieues en novembre et du contrat première embauche actuellement font peser une menace sur l'ensemble de l'économie nationale.
"Cela fait en six mois deux crises majeures auxquelles notre pays est confronté, la crise des banlieues en novembre, la crise du CPE en mars-avril. Il faut se rendre compte que ceci met en danger l'économie du pays", a déclaré Mme Parisot sur LCI. "Il faut bien avoir conscience de ce qui se passe et se demander comment sortir le plus vite possible de cette situation", a ajouté la responsable patronale, le jour de nouvelles manifestations en France contre le CPE.
Un ralentissement des affaires déjà constatable : Le ministre de l'Economie Thierry Breton avait estimé vendredi que la crise autour du CPE n'avait "pas d'impact à ce stade" sur l'économie française. Mais Laurence Parisot s'inscrit en faux. "Nous savons déjà (...) que notamment dans le secteur du commerce (les chefs d'entreprises) ont constaté un ralentissement des affaires qui n'était pas prévisible. Et on sait aussi que les carnets de commandes peuvent très vite s'effriter quand on voit un pays marqué par l'instabilité", a précisé la patronne du Medef. Les "dégâts" se mesureront aussi en terme de "réputation de la France à l'étranger" et de ce qui se passera pour des "promotions entières de bacheliers ou d'étudiants", a-t-elle ajouté.
A propos des manifestations mardi, qui ont réuni entre 1 et 3 millions de personnes, Laurence Parisot a estimé qu'en "dépit de la forte mobilisation, il y a une volonté d'ouverture et une volonté de dialogue qui commencent par être partagées par tous". "Beaucoup aujourd'hui sont pessimistes et doutent de la capacité de la France à s'adapter. Moi je dirais à l'inverse que la France rentre enfin dans le débat de la flexibilité. Elle a enfin pu comprendre (...) qu'il y a bien un lien entre le chômage élevé (...) et la rigidité du marché du travail", a-t-elle déclaré. Elle a reconnu par ailleurs avoir affaire à une "multiplicité d'interlocuteurs" sur le CPE, mais que cela n'était "pas forcément" synonyme de "confusion". Elle a réaffirmé enfin être prête à "engager avec les syndicats des discussions voire des négociations sur toutes les flexibilités et toutes les précarités" mais qu'il fallait "néanmoins déjà qu'on ait pu dépasser la crise du CPE, qui est une crise qui oppose d'abord les syndicats de salariés au gouvernement".
Ethic et Vaincre le chômage pour une rupture du CPE justifiée par écrit : Le mouvement patronal libéral Ethic et l'association Vaincre le chômage se sont prononcés mardi en faveur d'un Contrat première embauche (CPE) "remanié", qui "doit être un véritable outil contre le chômage". Ethic et le mouvement VLC proposent notamment que le CPE puisse être rompu à condition d'une "motivation écrite", et que la période d'essai soit ramenée à un an, contre deux actuellement. Les deux organisations font part à cet égard de leur "souci de protection de l'employeur contre le risque de contentieux lié à cette rupture". Elles suggèrent aussi une "conversion possible du CPE en CDI à tout moment, en conservant l'exonération de charges de la durée prévue" et demandent que le CPE soit "réservé aux jeunes sans formation et aux chômeurs de longue durée".