Forte mobilisation anti-CPE à Paris
Forte mobilisation anti-CPE à ParisLa CGT a comptabilisé mardi 3 millions de manifestants partout en France, dont 700.000 dans la seule capitale. Le ministère de l'Intérieur a compté pour sa part 84.000 manifestants à Paris. Malgré un parcours sans incident et des forces de l'ordre omniprésentes, quelques échauffourées ont éclaté en soirée place d'Italie.
Policiers, gendarmes et services d'ordre syndicaux étaient rodés mardi à Paris, pour la cinquième manifestation contre le CPE, qui s'est déroulée dans une ambiance bon enfant jusqu'à la dispersion du cortège marquée par des incidents. Place d'Italie, fin du parcours de la manifestation, des casseurs ont lancé des pierres, des pavés et des bouteilles sur les CRS qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Des policiers en civil ont alors procédé à plusieurs dizaines d'interpellations. Au moins deux personnes, dont un photographe de presse, ont été blessées par des fauteurs de troubles. Comme il l'avait déjà fait la semaine dernière, Nicolas Sarkozy s'est rendu en soirée sur le lieu de dispersion du cortège, après la fin des incidents.
Mais en-dehors de ces heurts, la manifestation s'est bien déroulée. Il faut dire que les forces de l'ordre avaient déployé un dispositif similaire à celui du 28 février, avec 4.000 hommes pour assurer la sécurité du cortège parisien, qui avaient procédé mardi soir à plus de 300 arrestations (un peu plus de 400 sur l'ensemble du territoire national). La manifestation est plutôt restée festive. Les participants ont lancé vers 16h30 une vaste "hola" tout le long du parcours parisien, pour montrer leur mobilisation intacte malgré la durée du mouvement. Signe de l'ampleur du cortège, vers 18h30, alors que la tête de la manifestation avait déjà rallié la place d'Italie depuis deux heures, les derniers manifestants n'avaient pas encore quitté le lieu du départ, place de la République...
Mobilisation massive, selon les syndicats : Pour les syndicats, la mobilisation a donc été massive : les évaluations syndicales oscillaient autour de 700.000 manifestants dans les rues de Paris pour ce mardi. Le ministère de l'Intérieur n'en a compté pour sa part que 84.000... Partout en France, la CGT a comptabilisé trois millions de manifestants ; le ministère de l'Intérieur en a comptabilisé 1.028.000, dont 935.000 hors Paris.
"Retrait du CPE", proclamait à Paris la banderole de tête, la même que lors de la dernière journée de mobilisation nationale il y a toute juste une semaine, où le défilé parisien avait rassemblé 92.000 personnes selon la police et 700.000 selon les organisateurs. Les organisations syndicales étaient en tête du cortège, suivies des étudiants de la Coordination nationale étudiante et des lycéens. "A ceux qui veulent casser le travail, précariser les jeunes, les jeunes répondent résistance", criaient les étudiants de la Coordination. "Jeunes jetables, étrangers jetables : non !", "Retrait du CPE, défendons notre avenir", pouvait-on lire sur d'autres banderoles.
Les leaders syndicaux ont multiplié les déclarations à l'adresse du gouvernement. "Il y a un ancrage du mouvement et cette journée peut porter un coup fatal au CPE", a estimé Bernard Thibault (CGT). Pour François Chérèque (CFDT), "on voit bien que le gouvernement et les politiques sont en train de lâcher, il faut aller au bout. Cette journée est d'ores et déjà réussie, la mobilisation est au moins aussi importante que la semaine dernière. Nous avions donné notre accord de principe pour rencontrer les parlementaires, à condition qu'il acceptent de parler du retrait du CPE". Et pour Jean-Claude Mailly (FO), "nous sommes prêts à rencontrer les parlementaires de l'UMP, si le retrait du CPE est sur la table, mais pas pour discuter de simples aménagements. Il nous faut des réponses claires des députés: il faut que le CPE soit zappé."