Déjà plus de monde dans les rues de province
Déjà plus de monde dans les rues de provinceLa cinquième journée d'actions nationale contre le CPE est un test : les syndicats veulent faire aussi bien que mardi dernier soit au moins un million de manifestants. Si le taux de gréviste est à la baisse à la mi-journée, dans les manifestations en province, la participation semble être sur une pente ascendante.
Comme d'habitude, la province a ouvert le bal, mardi matin, des manifestations. Ils étaient 10.000 à manifester au Mans, un chiffre sensiblement a priori identique à celui de mardi dernier, entre 21.000 et 50.000 à Rennes. Les chiffres ont fait le grand écart à Marseille, avec 35.000 manifestants selon la police et plus de 250.000 selon les organisateurs. Ils étaient entre 50.000 et 100.000 (chiffres syndicats et police) à Nantes ce qui était sensiblement plus que mardi dernier où on avait décompté entre 42.000 et 70.000 manifestants.
A Roanne, ils étaient entre 10.000 et 30.000 (contre 9.000 à 20.000 le 28), entre 10.000 et 20.000 à Tours (contre 10.000 à 15.000 mardi dernier), de 5.000 à 16.000 à Reims (contre 6.000 à 13.000 le 28) et entre 10.500 et 31.000 à Limoges, où des milliers de manifestants ont envahi la gare, bloquant la circulation des trains. Entre 17.000 et 40.000 personnes défilaient à Caen à la mi-journée, plus de 15.000 à Rouen, plus de 10.000 au Havre, entre 28.000 et 60.000 à Grenoble, entre 13.500 et 50.000 à Clermont-Ferrand, entre 4.000 et 8.000 à Foix (dont Laurent Fabius)...
Et s'il est trop tôt pour savoir si la mobilisation grandit partout en France, dans ces premières villes, les manifs ont fait le plein. Selon Bernard Thibault, la mobilisation est d'ores et déjà "très comparable à celle du 28 mars", et le secrétaire de la CGT a estimé que le mouvement ne s'achèverait "pas avec cette journée". 195 manifestations sont prévues partout en France ce mardi. La manifestation parisienne partira quant à elle à 14h30 de la place de la République pour rejoindre la place d'Italie. A Paris, quatre mille policiers et gendarmes sont mobilisés, un "dispositif similaire" à celui mis en place le 28 mars.
Moins de grévistes : Côté salariés, la mobilisation semble être un ton en dessous de la dernière journée d'action nationale. Les perturbations dans les transports en commun sont d'ailleurs moins manifestes que mardi dernier. Le détail. A la mi-journée, le taux de gréviste était de 18,3% à la SNCF, contre 27,7% le 28 mars, 8,4% à La Poste contre 14,7% la semaine dernière et 42% du personnel était en grève dans les collègues selon le Snec-FSU. Dans les médias, le taux de grévistes était de 18,88% à France 3, selon la direction (contre 22,2% la semaine dernière), et au siège de Radio France et dans le réseau France Bleu, la direction faisait était d'un taux de participation de 9,3%.
L'objectif des syndicats est de faire au moins aussi bien que le 28 mars, qui avait vu entre un et trois millions de personnes descendre dans la rue, une lame de fond sans précédent. L'exigence de l'intersyndicale des 12 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, CE, Fidl, UNL) est claire : l'abrogation pure et simple du CPE. L'intersyndicale fera le point mercredi pour décider des suites à donner au mouvement.