Blocages maintenus... malgré les consignes de Robien
Blocages maintenus... malgré les consignes de RobienLa "consigne orale" pour une réouverture des lycées bloqués, donnée mercredi par Gilles de Robien, ne semble guère suivie d'effet. Plus de 500 lycées restent bloqués ce jeudi en France
Selon les chiffres du ministère de l'Education, 58 universités sont perturbées ce jeudi par les actions anti-CPE. C'est aussi le cas pour 556 lycées - leur nombre oscille entre 400 et 1.400 sur 4.330 selon les jours. Alors que le ministre de l'Education nationale a donné mercredi la "consigne orale" aux recteurs d'organiser la réouverture générale de tous les lycées perturbés, l'heure semble à la poursuite, voire l'amplification des blocages.
Dans la seule capitale, une quarantaine de lycées, 36 sur 110, étaient ainsi perturbés jeudi matin. La police est intervenue devant un seul établissement, sans incident, a-t-on appris auprès du rectorat. Le proviseur du lycée Fénelon (Ve arrondissement) est le seul à avoir eu recours aux forces de l'ordre qui ont dispersé sans difficulté ni incident les élèves qui tentaient de bloquer l'établissement. Pas plus ailleurs en France qu'à Paris, les interventions policières à la demande des proviseurs pour rompre un blocage de lycée n'ont été la règle. En-dehors de la capitale, seuls les proviseurs de deux lycées de Pau et Lescar (Pyrénées-Atlantique) et d'un lycée d'Amiens mercredi soir ont eu recours à la police, chaque fois sans incident.
"Les déclarations du ministre n'ont rien arrangé" : Il semble en revanche que ponctuellement les proviseurs ont suivi la consigne ministérielle en tentant d'engager des négociations avec les lycéens. Ils ont rencontré quelque succès à Paris (une quinzaine d'établissements), mais à Toulouse par exemple, le proviseur du lycée Bellevue a préféré ouvrir une grille dérobée sur l'arrière pour faire entrer enseignants et lycéens. Le proviseur d'un lycée de Marseille qui fonctionne en pointillé depuis plusieurs semaines a d'ailleurs jugé que "les déclarations du ministre n'ont rien arrangé, bien au contraire", tandis que celle du lycée Jean-Jaurès de Montreuil (Seine-Saint-Denis) s'est contentée d'expliquer qu'elle "n'obéissait qu'à des consignes écrites". Au lycée Jules-Siegfried, à Paris, le proviseur a préféré forcer lui-même la porte en coupant une chaîne à la scie électrique plutôt que d'appeler la police.
Plus que ces réouvertures ponctuelles, la journée est donc marquée par la multiplication des actions de lycéens et étudiants. A Limoges, une soixantaine d'étudiants ont ainsi envahi jeudi vers 9H15 le rectorat de Limoges. Ils ont pénétré sans heurts dans le bâtiment et s'y sont installés. Des négociations étaient en cours avec la police en milieu de matinée pour qu'ils quittent les lieux. Par ailleurs, des groupes de lycéens ont formé des petites colonnes à la porte de leur établissement et se rendaient en cortèges séparés vers un point de rendez-vous fixé devant le palais de justice. En Meurthe-et-Moselle, des élèves du lycée Majorelle de Toul bloquaient jeudi matin l'accès de leur établissement devant lequel ils campent nuit et jour depuis lundi pour protester contre le CPE. Ils font du feu, des barbecues et le soir ils installent des réchauds à gaz et des tentes pour passer la nuit.