Week-end sous surveillance
Week-end sous surveillanceAprès une "stabilisation" des violences urbaines, 12.000 policiers et gendarmes sont mobilisés tout au long du week-end du 11 novembre. A Paris, la préfecture de police a décidé d'interdire toute réunion pouvant porter atteinte à l'ordre public dès samedi matin et jusqu'à dimanche.
Après trois jours de baisse, le bilan des violences urbaines s'est stabilisé, dans la nuit de jeudi à vendredi, à quelque 400 voitures brûlées et une centaine d'interpellations. Mais les autorités restent en alerte pour éviter de nouvelles échauffourées. Le gouvernement a décidé de maintenir un dispositif policier "dense", avec "12.000 policiers et gendarmes chaque nuit" pour tout le week-end du 11 novembre, a déclaré le directeur général de la police nationale (DGPN) Michel Gaudin.
"Pas de menaces particulières" : A Paris, environ 3.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés. Ce déploiement a débuté avec la sécurisation de la cérémonie marquant le 87ème anniversaire de l'armistice de 1918, sur les Champs-Elysées, à laquelle le président Jacques Chirac a assisté vendredi matin. Les lignes de transports en commun menant à Paris, notamment celles du RER, ont été "placées sous surveillance" pour prévenir toute tentative de débordements à Paris, a annoncé Michel Gaudin.
"Il n'y a pas de menaces particulières autres que celles contenues dans certains blogs" appelant les jeunes de banlieue à venir manifester violemment lors du week-end à Paris, a assuré le DGPN. "Nous sommes tout à fait sereins" même si "nous restons d'une extrême vigilance quant à ce qu'il peut se passer". Le préfet de police n'en a pas moins décidé de prendre des dispositions supplémentaires, à titre de de "mesures de précaution". Il s'agit d'interdire à Paris, du samedi 12 novembre 10H au dimanche 13 novembre 8H "toute réunion de nature à provoquer ou entretenir le désordre sur la voie et dans les lieux publics", conformément à l'état d'urgence décidé par le gouvernement et à l'article 8 de la loi de 1955. Avant cela, le préfet de police, responsable de la sécurité à Paris, avait "demandé le renfort de huit unités mobiles". En outre, indiqué Michel Gaudin, "nous avons fait appel aux écoles de police pour être renforcés" dans le dispositif général. Effectif supplémentaire : "400 à 500 personnels".
Vente de carburant à emporter interdite : Le préfet de police de Paris avait déjà interdit jeudi la vente et le transport de carburant au détail à Paris, faisant notamment état de l'arrestation de personnes portant des engins incendiaires et d'appels à des "actions violentes" dans la capitale. Des arrêtés d'interdiction ont également été pris dans plusieurs départements et villes : Tarn-et-Garonne, Seine-et-Marne, Val-de-Marne, Val-d'Oise, Drôme, Hérault, Eure-et-Loir, Charente, Landes, Rhône, Loiret, Var, Ain, Ardèche ; à Amiens, Bordeaux, Toulouse, Caen, et Lisieux (Calvados).
Mercredi, le couvre-feu pour les mineurs a été instauré dans cinq départements : Alpes-Maritimes (en partie), Somme (Amiens), Seine-Maritime (Rouen, Elbeuf et Le Havre) et Loiret (six communes dont Orléans). Dans l'Eure, au quartier de la Madeleine à Evreux, la mesure, qui concerne aussi les majeurs, est entrée en vigueur à 22H00 et les CRS ont patrouillé le quartier, demandant aux gens de rentrer chez eux. Le maire (MRC) de Belfort Jean-Pierre Chevènement a décidé jeudi de l'appliquer dans sa ville à compter de vendredi 21h00 et ce jusqu'à mardi 6h00 pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans, a-t-il annoncé dans un communiqué. A Belfort, dans le quartier "sensible" des Glacis une école maternelle a été incendiée dans la nuit de mercredi à jeudi. Dix-neuf préfets concernés, dont tous ceux de l'Ile-de-France, ont choisi de ne pas décréter pour le moment un couvre-feu.