Pas de couvre-feu en Ile-de-France
Pas de couvre-feu en Ile-de-FranceAucun préfet d'Ile-de-France, Paris inclus, n'a instauré mercredi de couvre-feu et ce, en raison d'un infléchissement de la violence dans les huit départements franciliens.
En province, l'état d'urgence a été instauré dans quelques départements seulement, dans les Alpes-Maritimes, dans la Somme, en Seine-Maritime et dans le Loiret.
Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer ce dispositif jusqu'au 20 novembre. Il vise à ramener le calme dans les banlieues et à interdire aux mineurs de circuler et de se rassembler de 21h00 à l'aube.
En Ile-de-France, à 22h00, la tension était retombée mercredi soir et les incendies de voitures avaient reculé par rapport aux jours précédents. "C'est le calme. C'est la décrue", a dit à Reuters un porte-parole de la préfecture de Seine-et-Marne.
Dans ce département de l'Est francilien, aucun incendie de voiture n'avait été constaté peu après 22h00 mercredi, contre 24 la veille au soir.
Dans le Val d'Oise, à la même heure, la préfecture faisait état de seulement trois incendies de voitures et de deux feux de poubelles. "C'est le calme, c'est peut-être à cause du match de football France-Costa Rica", a-t-on souligné.
En Seine-Saint-Denis, la préfecture de Bobigny avait pour sa part levé sa cellule de crise nocturne.
En province, de nouveaux incidents ont éclaté dans la banlieue de Toulouse entre jeunes des cités sensibles et policiers. A 23h00, onze véhicules avaient été incendiés dont l'un dans la cour d'une école primaire du quartier de Bellefontaine où un début d'incendie s'était déclaré, selon la préfecture de Midi-Pyrénées. Le feu a été vite maîtrisé par les pompiers.
Les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation de douze personnes. Les incidents, qui ont débuté aux environs de 20h00, se sont déroulés dans les quartiers de Bellefontaine et du Mirail, dans la périphérie ouest de la ville où près de 350 policiers ont été déployés, a précisé la préfecture.
Peu après 21h30, la tension semblait toutefois être retombée dans ces deux quartiers sensibles.
Le couvre-feu n'a pas été déclaré en Midi-Pyrénées, mais cette décision peut encore être prise "à tout moment en fonction du déroulement des incidents", a dit à Reuters la responsable de la préfecture.
INFLECHISSEMENT DE LA VIOLENCE EN ILE-DE-FRANCE : Le préfet de Seine-Saint-Denis, Jean-François Cordet n'a pas appliqué pour l'instant de couvre-feu dans son département où ont débuté les troubles urbains après la mort accidentelle de deux adolescents, le 27 octobre dernier à Clichy-sous-Bois.
"Il ne m'apparaît pas nécessaire aujourd'hui de faire application" de cette mesure, a-t-il dit dans un communiqué.
"J'observe depuis maintenant trois jours une décrue du phénomène, une amélioration de la physionomie", a de son côté souligné le préfet des Hauts-de-Seine sur France Info.
Selon un sondage CSA publié mercredi par Le Parisien, près des deux tiers des Français sont favorables à l'autorisation donnée aux préfets de décréter un couvre-feu.
Evoquant les 273 personnes écrouées dans le cadre des violences urbaines, le ministre de la Justice, Pascal Clément, a rapporté que les deux tiers d'entre eux sont des majeurs et un tiers des mineurs.
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a demandé mercredi aux préfets l'expulsion "sans délai" de 120 étrangers condamnés pour leur participation aux violences urbaines. Cette décision concerne les personnes en situation irrégulière mais aussi celles en possession d'un titre de séjour.
Le ministre de la Justice a réaffirmé qu'un jeune interpellé encourait deux mois de prison ferme "s'il est intentionnellement dans un endroit où il y a un délit en train d'être commis".
Pascal Clément a imputé par ailleurs la crise actuelle des banlieues à "une crise de l'autorité" liée à une démission des parents.
Selon un sondage CSA à paraître jeudi dans La Croix, 69% des Français mettent eux aussi en cause la démission des parents et estiment que leur insuffisance de contrôle est en grande partie responsable des violences urbaines actuelles.
Un collectif d'associations des banlieues, dont le Premier ministre Dominique de Villepin a reçu mercredi une vingtaine de représentants, a demandé l'arrêt des violences urbaines et a lancé un appel à "toute la population française" à participer vendredi après-midi, mouchoir blanc à la main, à une "marche pour la paix" sur les Champs-Elysées, à Paris.
Le conseil des ministres se tiendra lundi en vue notamment de l'examen d'un projet de loi visant à proroger l'état d'urgence au-delà du 20 novembre.
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