Vingt-neuf policiers blessés par des tirs

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

  Vingt-neuf policiers blessés par des tirs

Une trentaine de policiers ont été blessés dimanche soir à Grigny (Essonne), dont deux sérieusement, par des tirs de pistolets à grenaille. Incendies de véhicules et attaques de bâtiments publics avaient repris dès dimanche après-midi en province.

Alors que les groupes de casseurs semblaient éviter le contact avec les forces de l'ordre au cours des nuits précédentes, des affrontements violents se sont produits dimanche soir à Grigny, dans l'Essonne. Une trentaine de policiers ont été blessés par des tirs de pistolets à grenaille. Deux CRS ont été plus sérieusement atteints, alors que 27 de leurs collègues l'étaient plus légèrement. Lors de ces heurts entre policiers et jeunes casseurs, aucune arrestation n'a été signalée. Dans le même département, des incidents ont eu lieu dans la cité des Tarterêts de Corbeil-Essonnes, une cinquantaine de jeunes masqués ayant notamment tenté de projeter un véhicule sur un car de CRS situé en contrebas d'une route. Une école a aussi été incendiée à Savigny-sur-Orge. Egalement en région parisienne, la trésorerie principale de Trappes (Yvelines) a été incendiée. Le trafic des autobus de la RATP était par ailleurs perturbé dimanche soir en banlieue parisienne en raison des violences urbaines, particulièrement dans les départements de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine.

En province aussi, le nombre d'incidents signalés allait en s'accroissant au fil de la soirée. Une vingtaine d'incendies de véhicules ont été signalés à Nantes. Plusieurs voitures ont été brûlées à Rouen et au Havre dimanche en début de soirée, alors qu'une voiture bélier a été lancée contre un commissariat de police d'un quartier "sensible" de l'agglomération rouennaise. A Toulouse, des incidents se sont aussi produits au Mirail entre un groupe d'une trentaine de jeunes et des forces de police qui répondaient par des tirs de gaz lacrymogènes à des jets de projectiles divers. Une école maternelle a été incendiée à Saint-Etienne et huit poids-lourds à Roanne. A Blois et à Tours, quelques incendies de voiture et de caves d'immeubles étaient signalés par les pompiers en début de soirée.

Avant cette nouvelle nuit d'émeutes, c'est loin de Paris, et en plein jour, que les premières violences avaient repris dimanche, alors même que Dominique de Villepin poursuivait ses consultations (il doit s'exprimer lundi soir au 20 heures de TF1 et annoncer des "mesures concrètes", lire à ce sujet :  et que Jacques Chirac s'apprêtait à présider à l'Elysée un Conseil de Sécurité Intérieure consacré à la crise, à l'issue duquel il devait faire sa première déclaration publique depuis le début de la crise . Une mairie annexe d'Orléans et une voiture de police ont été, dimanche après-midi, les cibles de jets de pierre qui ont provoqué des dégâts légers sans faire de blessé. Des vitres de la mairie du quartier sensible de l'Argonne, dans le nord d'Orléans, ont été prises pour cibles vers 15H15, alors qu'une patrouille de police était l'objet d'un jet de pierre dans le même quartier. Des troubles qui ont repris et se sont amplifiés plus tard dans la soirée.

La province de plus en plus concernée :  Egalement dans l'après-midi de dimanche, un bus a été incendié par un groupe de jeunes dans la banlieue de Saint-Etienne et deux personnes ont été légèrement blessées dans l'incendie. Vers 16H30, un groupe est monté dans l'autobus au niveau de la commune de La Ricamarie (Loire). Ils ont ordonné aux passagers de descendre et ont déversé de l'essence dans le véhicule, qu'ils ont enflammé avant que tous les passagers n'aient eu le temps de sortir, selon la police et la Société de transports en commun de l'agglomération stéphanoise (STAS). Le véhicule a été complètement détruit par les flammes. Son conducteur et une passagère ont été pris en charge par les pompiers en raison de brûlures légères. Le trafic des bus a été complètement interrompu dans l'agglomération. Dans la nuit de samedi à dimanche, des affrontements entre des jeunes et les forces de l'ordre s'étaient déjà produits à Saint-Etienne et un adolescent de quinze ans avait été interpellé et placé en garde à vue. Mais alors, l'intervention des familles avait ramené le calme.

Les violences dans les banlieues, nées à Clichy-sous-Bois le 27 octobre et localisées dans un premier temps en Seine-Saint-Denis, se sont ainsi progressivement propagées , les fauteurs de trouble s'adaptant à la réponse policière. Vendredi dans la journée, le bilan global depuis le début des troubles était de 1.260 véhicules brûlés. Un total dépassé dans la seule nuit de samedi à dimanche (près de 1.300), après une montée en puissance dans la nuit de vendredi à samedi (900). Dès samedi, un responsable refusait de préciser la provenance des renforts de pompiers envoyés en Ile-de-France, pour ne pas susciter de vocations d'incendiaires dans les régions d'origine. Le nombre des communes touchées par les violences sur l'ensemble du pays est passé de 87 dans la nuit de jeudi à vendredi, à 140 la nuit suivante puis à 200 dans la nuit de samedi à dimanche.

SOS Racisme dénonce le "sensationnalisme" des médias : SOS Racisme dénonce le traitement "sensationnaliste" des violences en banlieues par les médias qui pourrait conduire selon l'association à faire progresser l'extrême-droite. SOS Racisme exprime "sa grande inquiétude" et "sa colère", estimant que certains médias font preuve d'irresponsabilité en présentant les violences "comme une guerre civile" et les habitants des banlieues comme "des sauvages". "Un tel traitement de l'information ne peut qu'augmenter la frustration de tous ceux, d'ailleurs la majorité, qui oeuvrent pour la paix dans les quartiers et qui ont choisi de faire valoir leurs droits dans le calme et la dignité", poursuit l'association

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