Chronique d'une mort certaine dans un avion cercueil.... Tombeau du ciel....

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

                       Chronique d'une mort certaine dans un avion cercueil.... Tombeau du ciel....

    Le
Mardi 16 août 2005, alors que 152 passagers, insouciants, rentrant des souvenirs heureux plein la tête, de congés, ainsi que les membres d’équipage, prennant leur envol du Venezuela pour Fort-De-France (Martinique). Au moment de l’embarquement, ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils étaient entrain de vivre leurs dernières heures, qu’une mort certaine les attendait au Nord-Ouest du Vénézuéla, qu’ils n’arriveraient jamais à bon port, qu’ils ne verraient jamais leur proche, leur famille, et que bientôt, ceux à qui, ils tenaient plus que tout, qu’ils aimaient tant, allaient être envahi par une douleur indescriptible.

Le MD 82
de la compagnie colombienne West Carribean Airways, avec à son bord 152 personnes dont 14 enfants, et huit membres d’équipage, décollent pour un vol qui aurait dû être sans histoire. Mais le destin et l’avarice des dirigeants de cette jeune et très fragile compagnie en a voulu autrement….

Le MD 82
, est un avion qui s’avère ne pas être tout jeune, pas non plus dans un état des plus performant, et, pour arranger les choses, au lieu de le ménager en le révisant régulièrement, on préfère le pousser dans ses limites. Alors qu’en Europe et surtout en France, un avion n’a pas le droit d’effectuer plus de 4 aller et retour dans une journée, afin de partir au repos pendant quelques heures, le temps de le vérifier, de voir si tout est normal, celui-ci en était à son dixième…. Sans la moindre révision bien sur…. Tout le monde sait qu’une mécanique, c’est comme tout, si on lui demande l’impossible, alors que son « état général » ne le permet pas, elle fini par céder !!!! Etes vous, Messieurs les dirigeants de cette compagnie, des personnes simples d’esprits, des inconscients ou simplement des cons, qui ne pensent qu’à faire du profit et se remplir les poches ????

Ce qu’il faut savoir, c’est que les dirigeant de cette compagnie, n’ont que trois avions, et que deux sont fixés au sol pour disfonctionnement grave. Ce que je constate moi, qui malheureusement avait dans ce
tombeau volant, 5 membres de ma famille (ma fille, mon futur gendre, une de mes nièces 14 ans, et mes beaux parents), c’est que le profit, le gain, l’argent a simplement été plus important que ces vies humaines.

Mardi 16 août 2005, à 03h03
(heure local), soit 07h00 (GMT), le MD 82 de la compagnie West Carribean Airways, vient de se crasher, éparpillant sur 30 kilomètres les débris de l’avion, et surtout les effets personnels, et ce qu’il reste des personnes qui étaient à bord…. Plus rien, que de la fumée, que de la chaleur…..

Arrivé en Martinique, j’ai tenu à aller sur les lieux, je voulais constater par moi-même, je voulais voir où ma petite fille chérie avait eu la vie arrêté, brisée, par des cons. Quand je suis arrivé là-bas, j’ai commencé par me dire :
« je dois être le témoin d’un tournage de film à sensation par Hollywood ». Malgré le métier que je fais, et qui m’a fait voir des choses plus horribles les unes que les autres, jamais je n’avais vu un tel spectacle de désolation, étaler sur plus de 30 km. Plus je marchais, plus je me disais que je ne pouvais que rêver, que cela était un très mauvais cauchemar, que j’allais enfin ouvrir les yeux, et que tout serait simplement comme avant, sans le moindre changement. Ce que je voyais, était tellement apocalyptique
, que mes yeux étaient remplis de larmes, de haine envers cette compagnie, son inconscience qui a conduit tant d’innocents à la mort quasiment certaine, inévitable, lorsque l’on constate la flotte d’avions cercueils que possède cette compagnie, cela est même affolant.

Je ne pouvais penser qu’à une seule chose : plus jamais je ne reverrais ma petite fille, alors que je lui avais parlé deux jours avant, elle riait, elle était heureuse et surtout elle avait hâte de rentrer pour nous faire partager ce qu’elle avait vu, ce qu’elle avait visité…. Elle était tellement heureuse…..
J’aurais voulu avoir la force de crier son nom, mais ce que je voyais m’em empêcher, j’étais comme tétanisé….


Plus j’avançais dans
cette scène apocalyptique, où aucun oiseau n’osait chanter, comme si, ils savaient ce qu’il s’était passé, et qu’ils respectés ce sanctuaire grandeur nature, où 161 âmes sont décédées en même temps, tous dans ce cercueil volant, comme la chronique d’une mort annoncée et programmée, plus mon cœur se serrait, plus les larmes glissaient lentement de mes yeux, en silence, sans que je sois capable de pouvoir les retenir… On ne ressentait que cette chaleur, on distinguait quelques bouts de carlingue qui se consumaient toujours, on ressentait cette mort qui pesait dans l’atmosphère, elle était si présente, comme palpable, elle était partout, même dans l’air que je respirais….. Je me sentais si mal…

Mais je n’avais pas le droit de craquer, car non seulement j’étais venu pour me rendre compte par moi-même, de ce qui venait de se produire (sûrement une déformation professionnelle), mais en plus, je voulais apporter mon aide aux enquêteurs vénézuéliens, afin que l’on retrouve au plus vite, les boîtes noires de l’avion, pour la suite de l’enquête, elles sont tellement importantes… Et surtout le plus important, pour avoir la certitude qu’elles ne seraient pas ouvertes ici, mais qu’elles seraient envoyer au plus vite à Paris, afin que nos laboratoires de l’aviation civile puissent décrypter les données, sans qu’elles aient pu être falsifiées.

Pendant que je parcourais avec d’autres personnes, qui tout comme moi, venaient de perdre un proche, je découvrais un sol noirci par le feu, encore chaud, (je sentais la chaleur de ce sol sous mes pieds, mais il n’avait aucun effet sur moi) des morceaux de carlingue déchiquetés continuant de fumée, malgré que les pompiers ne cessaient de s’activer, mais la zone était tellement grande, ils ne pouvaient aller plus vite, des chaussures, des lunettes ayant appartenus à toutes ces victimes, (je cherchais tous objets ayant appartenus à mes proches, pour les ramener, et me dire que nous aurions les derniers objets, qui étaient présents avec eux, lors de leurs dernières heures, maigre consolation), des sièges de
ce tombeau volant, et surtout malgré les efforts des secours, pour que nous ne voyions pas cela, des « restes humains » tellement horrible, dont une partie appartenait à ma fille adorée et ma petite nièce….
(Je passe les détails, car cela n’était pas un spectacle très beau, je sais que ces images me hanterons à vie)…

A ce moment, mes jambes se sont dérobées, la terre s’est mise à tourner, j’ai vomi toutes mes tripes, ce spectacle était si intolérable, et cette odeur, mon dieu cette odeur… Jamais, je n’oublierais ce que j’ai vu concernant ma fille et ma nièce, ces images si horribles, si dures, si cruelles seront gravées en moi, jusqu’à ma mort…..

Depuis ce jour, il est vrai qu’une part de moi est resté là bas, devant cet horrible spectacle que même Hollywood à ce jour, n’a pas encore imaginé, mais malgré ma tristesse infinie, ma rage, ma haine, je n’ai pas le droit de tombé. J’ai encore deux autres enfants, deux adolescents qui étaient présents lors de la cérémonie de jour de deuil national, et ma deuxième fille a très mal vécue la disparition brutale de sa sœur. Elle refuse la réalité, et maintenant 21 jours après ce drame, elle vient de s’enfermer dans un mutisme total, elle ne parle plus, devient violente envers elle, et surtout ne mange plus. Elle fait des cauchemars violents la nuit, nous le pensons puisqu’elle se réveille tremper, mais que ressent-elle ? Elle nous dit rien… Je me sens impuissant, et cela est dramatique pour un père, j’ai l’impression d’être inutile…..

Je trouve inadmissible, que sous prétexte que nous ne sommes que 3 familles habitant la métropole, nous n’ayons pas une cellule de crise qui nous prenne en charge. Non, ici nous n’avons rien, nous devons faire face à cela nous même, avec des aides extérieurs que nous payons…..

Pour les cinq membres de ma famille qui sont décédés par
l’avarice de cette compagnie aérienne : WEST CARRIBEAN AIRWAYS, pour son non respect des règles de l’aviation civile, pour ne pas entretenir leurs avions, en , en faisans des cercueils volants, (ou des tombeaux, appelez les comme vous voudriez, le résultats étant le même), qui envoient volontairement des passagers, et des membres d’équipage dans une chronique de mort certaine
, je jure aujourd’hui, que je me servirais de mon métier, de mes relations, pour m’ouvrir toutes les portes qu’il me faudra, pour couler à jamais cette compagnie, et mettre hors d’état de nuire définitivement ces dirigeants peu scrupuleux…. Je dois cela à leur mémoire, et je le ferais, je n’aurais de repos tant que je ne les aurais pas vengé !!!!!

Pour mes beaux parents, ma nièce, ma fille et son fiancé, je voulais vous adresser ceci : ma haine, ma douleur, ma tristesse se mélangent, et je n’arrêterais pas tant que
ces salopards
n’auront pas eu ce qu’ils méritent…… Je ne cesse de penser à vous, de me demander si vous vous êtes aperçus que vous alliez mourir, si vous avez souffert…. Vous nous manquez terriblement, le vide que vous avez laissé par votre départ est tel, que nous avons l’impression que la vie ne vaut plus rien. J’espère que vous n’avez cependant pas souffert et surtout que maintenant, loin de nous, loin de nos bras, vous serez heureux, vous le méritez. Nous n’oublierons jamais vos sourires, vos joies, vos voix, vos colères, elles nous hanteront toute notre vie…… Nous vous aimons tellement…..

Ce
mardi 16 août 2005 sera gravé dans ma mémoire au fer rouge, il m’a prit simplement, par la connerie et l’avarice de certains humains, ma fille, ma chair, mon sang, ma nièce, mon futur gendre, mes beaux parents qui avaient tellement de choses encore à vivre, à faire, de joies à découvrir. A vous, qui ne verrez plus jamais le soleil se lever le matin, à vous, qui êtes maintenant redevenu si vite poussière, je vous jure que j’aurais ces salopards
. Ce jour qui nous endeuille si lourdement, ne pourra jamais s’effacer aussi longtemps que je vivrais.

A vous, qui m’avez enlever la joie d’un jour amener ma fille devant l’autel, la donner à son mari, à vous, qui m’avez enlevé la joie d’être dans un avenir proche grand père,
je vous stipule ma haine, et je vous jure de vous détruire
comme vous venez de nous détruire. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour cela…..

Je tiens à remercier mon ami et collègue de 10 ans maintenant, qui est là, peut-être même plus proche de moi en ce moment, qui m’apporte tout le réconfort qu’il peut. Tu es un ami fidèle et surtout sincère.

Je tiens aussi à dire un mot pour deux personnes que je ne connais que depuis 5 mois (je n’ai pas à les nommer, je sais qu’elles se reconnaîtrons), que j’ai vraiment toujours apprécié depuis le début, mais, qui maintenant, pour moi ont franchis par leurs gentillesses et leurs patiences un nouveau cap : elles sont passés de « potes » comme l’on dit,
à des amis sincères, fidèles sur qui je peux compter. Je vous remercie vous aussi pour la patience et le soutien que vous m’apportez. Même si je ne le dis pas, car en ce moment, j’ai bien du mal à dire ce que je pense ou je ressens, votre présence m’est précieuse
. Merci à vous deux aussi. Dans ce style de drame il est important de se sentir soutenu, c’est mon cas et je sais, que, grâce à vous trois, je ne sombrerais pas. Je sais que pour le moment, je ne suis pas bavard quand à ce que je ressens ou ce que j’ai pu voir, mais sincèrement, je n’en ai pas encore la force, les souvenirs sont tellement vivaces, tout me parait tellement irréel…. Merci de cette compréhension qu’est la votre, et de ne pas me laisser tomber.

Je vais maintenant arrêter là, car cette douleur qui me tiraille tant depuis 21 jours, redouble en ce moment à l’évocation de drame, ne faisant qu’humidifier mes yeux, d’intensifier ma colère, ma haine, et ravive ma douleur…


A vous qui êtes maintenant des étoiles dans notre univers, jamais je ne vous oublierais. Vous resterez dans mon cœur.

Un père, un gendre, un futur beau-père, un oncle,  si triste et si en colère…. (le 6 septembre 2005)
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Je viens de tomber sur ce blog, et je ne peux retenir mes larmes. Je suis moi-même, personnel navigant, plus précisément, chef de cabine sur Air France, et en plus je me trouvais sur le vol qui aurait pu aussi être une catastrophe, je parle de celui de Toronto. Je sais ce que la peur veut dire, je sais quelle panique nous envahie, quand nous pensons que tout est fini….. Bien entendu, nous avons eu de la chance, même si nous avons tous était victime d’une erreur de pilotage, une erreur humaine, une simple discorde entre le pilote et le co-pilote, aurait pu finir aussi par un drame horrible, mais, je dois aussi dire que nous avons des avions en parfait état de marche, et réviser correctement, cela a sûrement jouer en notre faveur, à Toronto. <br /> Je constate, effectivement à chacun de mes voyages aux Antilles, le stress des passagers, il est réel, et nous pouvons le comprendre, mais, nous essayons de les rassurer, en leur faisant bien comprendre que nos avions ne sont déjà pas des « Charter » (ou, les prix beaucoup moins chers des billets sont dû simplement au fait, que l’avion n’est pas révisé correctement, mais partiellement, ce qui permet de faire des économies au détriment de la sécurité, et faire un maximum de profit en rentabilisant l’avion, donc en faisant de gros bénéfices), que nous avons, ne sont pas des épaves, ou vieux de plus de 15 ans…. <br /> Aimant mon métier plus que tout, je suis remontée 10h00 seulement, après ce que nous avons vécu, pour un vol retour sur la France, j’avais peur oui, cela est humain, mais j’y suis allée en faisant simplement confiance à mon employeur Air France, et nos avions. Je pense que ce que les passagers doivent en priorité comprendre, c’est que comme dans tout, malheureusement, il y a des pourris, et le mieux en ce moment, avec tout se qu’il s’est produit, est de payer plus cher, pour être sûr d’avoir la sécurité, même si comme partout, comme en voiture par exemple, rien ne peut être sur à 100%. Je n’incrimine pas ces pauvres gens, ni leurs proches, bien au contraire, je ne peux qu’être désoler de ce qu’ils subissent maintenant. Mes proches aussi, même si cela s’est bien passé pour nous, ont toujours peur, surtout en ce moment, quand nous partons.<br /> Je me joins à toutes les personnes avant moi, pour vous présenter mes sincères condoléances, je sais que cela ne sont que des mots, mais qui viennent du cœur. Courage et surtout battez-vous pour que les compagnies à bas prix ne fassent plus jamais de victimes innocentes, qu’elles disparaissent à jamais, ne faisons pas de l’avion qui est normalement le moyen le plus sur, un mythe de la mort…. Il faut les stopper et vite, cela est tellement aberrant… Je ne comprends même pas le personnel qui accepte de travailler dans de tel condition, personnellement, je préférerais ne plus avoir de travail, démissionner que de monter dans ce genre d’avion poubelle, comme nous appelons nous aussi sur Air France. Beaucoup de courage à vous, nous pensons à tous même si nous ne sommes que dans l’ombre. <br /> <br /> Nelly – Chef de Cabine sur Air France (long courrier)<br />
Répondre
A
Bonjour <br /> Je me suis rendu en martinique puis revenu a paris. Moi meme touché par la perte de quatre personnes je me suis repproché de la CUMP Cellule d'urgence medcio psychologique de bobigny qui assure une ecoute. Merci à eux... simpplement de leur aide.
Répondre
I
Abasourdie, choquée, indignée, revoltée, émue ... je ne trouve pas les mots après la lecture de ce mail si poignant et tellement affreux ...<br />  <br /> Comment peut on, sous prétexte de profit et rentabilité, jouer ainsi avec la vie des gens et de leur famille ???<br />  <br /> Je suis bien mal à l'aise pour répondre à ce courrier, car aucun mot, aucune parole ne sauraient apaiser une si terrible douleur pour un père, un oncle, un beau-père ...<br /> Quoiqu'il en soit, je suis de tout coeur avec lui et ses proches. <br />  <br /> J'ose à peine imaginer la force et le courage qu'il possède pour mener jusqu'à son terme son combat et faire condamner ces inconscients, ces assassins ; car il n'y a pas d autres mots. <br />  <br /> Rien d'étonnant à ce que sa fille fasse des cauchemars et se soit enfermée dans un mutisme total ... <br /> Toute une famille traumatisée à vie, hantée par les souvenirs, et ceux, qui malheureusement, n'auront jamais lieux ... tout ceci par cupidité, appât du gain et du toujours plus au mépris du prix de la vie ...<br />  <br /> Plus jamais de tels drames ne doivent arriver ... hélas les dirigeants sans scrupules, avides d'argent et de reussite sont légions de par ce misérable monde ...<br />  <br /> j'exprime à ce Monsieur ainsi que sa famille toute ma sympathie et mes sincères condoléances pour le douloureux drame qu'il traverse.<br />  <br /> Amicalement, <br /> Isabelle
Répondre
U
Bêtise humaine… <br /> <br /> Quand la bêtise humaine impose des lois qui s’affranchissent du cœur, <br /> Le code civil pèse plus lourd que les attaches maternelles, <br /> Des juges s’arrogent, sans le savoir, le droit d’être injustes et cruels, <br /> Et devient-il insensé de s'appuyer sur l'amour et la tendresse. <br /> Ainsi, de simples abandonnés deviennent-ils de doubles et triples orphelins. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine dresse les hommes en meutes armées, <br /> Meurent des pères et des fils, se désespèrent des veuves, <br /> Crient des enfants de famine d’amour, de désertion de mamelles. <br /> Sont meurtries à vie de futures épousées, déflorées par des brutes. <br /> Ainsi, des pères tuent des pères et des mères haïssent des mères. <br />   <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine réduit l’homme à la bestialité, <br /> Il devient, qu’il soit col blanc ou vareuse, un authentique bourreau. <br /> Ainsi sont brisés, avant l’age d’aimer, des corps d'enfants. <br /> Il devient, qu’il soit touriste ou marchand de chair, une brute aveugle. <br /> Ainsi sont avilis des cœurs d’enfants, qui ne sauront aimer. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine laisse le progrès dévorer l'homme, <br /> L’urgence est sacrifiée à l’accessoire, l’essentiel au futile, <br /> Des millions d'hommes crèvent de faim pour que puisse décoller une fusée, <br /> Mille enfants grelottent à l’ombre du CAC 40. <br /> Ainsi, des millions d'êtres trompés espèrent-ils en vain. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine limite l'homme à son propre reflet, <br /> Grandissent des enfants-nains, projets de l'ignorance asservie, <br /> Stagnent des fantômes, issus de frustrations, d'angoisses non dépassées, <br /> Pales produits de fantasmes inassouvis, d'appétits refoulés. <br /> Ainsi, s'appesantit l'héritage de génération en génération. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine accouche d'hommes sourds et aveugles, <br /> Alors, naissent des enfants muets qui apprennent à lire et à écrire, <br /> Pour ne rien servir, ne rien voir et ne rien entendre. <br /> L'ignorant dresse des murs, le craintif s'abrite, la brute s'étourdit. <br /> Ainsi, les êtres de cœur et de raison ne sont pas entendus. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine jette des êtres perdus, en quête de vérité, <br /> Dans les mains de loups avides déguisés en bergers, <br /> Alors, ils se bercent d'illusions, se laissent berner de paresse, <br /> Abdiquent leur responsabilité, se néantisent béatement. <br /> Ainsi, sont-ils frustrés par ruse de leur effort à naître. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> Quand la bêtise humaine laisse ignorer aux hommes, <br /> Qu’une même planète, une exigence commune est leur berceau, <br /> Alors, ils s’inventent des droits et des devoirs, <br /> S’exonèrent de toute intelligence, de toute liberté. <br /> Ainsi, ignorent-ils que de tout temps, ils ne sont qu’UN. <br /> <br /> S'ils pouvaient entendre … <br /> … une sagesse à la portée de la plus humble fleur des champs … <br /> qui offre ses couleurs aux regards, sans attente, <br /> sans impatiente, simplement heureuse d'être là et de servir, <br /> corolle chatoyante et lumineuse, <br /> qui se laisse tendrement aimer, libre de temps et d'espace …
Répondre
U
les mots soulagent les maux parfois<br /> moi aussi ds ma vie j ai aimé jérôme parti trop vite ds violent accident route et je l ai vu avec ses yeux enfoncés j ai été choquée je n aurai dû en garder qu un beau visage<br /> bisous
Répondre