Incendie
Incendie :L'HAY-LES-ROSES (Val-de-Marne), le 4 septembre (AFP) - Trois jeunes filles ont été placées en garde à vue dimanche à Paris dans le cadre de l'enquête sur l'incendie d'une tour de L'Haÿ-Les-Roses qui a fait 14 morts dans la nuit de samedi à dimanche, a-t-on appris de source policière.
Ces trois personnes étaient les trois témoins qui ont été entendus par la police à la suite du sinistre, selon la même source. De premières informations avaient fait état de quatre personnes entendues comme témoins.
Les trois jeunes filles, dont les âges n'ont pas été précisés, ont été désignées à la police par des habitants de la cité, selon la même source. Elles étaient entendues en milieu d'après-midi à la brigade criminelle au 36, quai des Orfèvres.
Quatorze personnes, dont au moins deux enfants, ont trouvé la mort et onze autres ont été grièvement blessées dans l'incendie de cette tour de 18 étages. Deux personnes gravement intoxiquées sont décédées, portant le bilan provisoire à 14 morts, selon les pompiers.
Le nombre de personnes grièvement blessées qui était de 15 au départ, est retombé à 11 en raison des deux décès tandis que l'état de deux pompiers n'est plus considéré comme grave, selon la même source.
"Les présomptions" d'une origine criminelle de l'incendie "sont assez fortes".
"Les présomptions" d'une origine criminelle de l'incendie "sont assez fortes", avait déclaré dimanche matin à l'AFP le secrétaire général de la préfecture, Jean-Luc Marx. La Brigade criminelle a été saisie de l'enquête.
Selon le maire de la ville, Patrick Sève, plusieurs témoins ont affirmé avoir vu des jeunes mettre le feu aux boîtes aux lettres dans le hall de l'immeuble.
Ce nouvel incendie meurtrier, qui a éclaté dans le hall d'une tour HLM de 110 appartements en bon état apparent, "n'a rien à voir" avec les récents incendies de deux squats parisiens qui ont fait 24 morts, a immédiatement souligné le porte-parole des pompiers, le capitaine Michel Cros.
La piste criminelle est néanmoins également privilégiée dans l'incendie de l'immeuble insalubre du XIIIe arrondissement (17 morts le 26 août).
Le porte-parole des pompiers a souligné que les victimes de L'Haÿ-les-Roses, mortes ou grièvement blessées, avaient été intoxiquées par le dégagement de fumée. Des corps ont été retrouvés jusque dans les plus hauts étages de la tour.
L'incendie, maîtrisé peu avant 03h00, a également fait vingt blessés légers.
"Ce sont les fumées qui ont tué les gens", a déclaré le capitaine des pompiers.
"Ce sont les fumées qui ont tué les gens", a déclaré le capitaine Cros. Selon lui, "le feu a été extrêmement rapide et localisé" mais "il a généré des fumées dans toute la tour, la cage d'escalier et les appartements".
Les pompiers ont réalisé au total 26 sauvetages, a souligné le porte-parole.
Autre éclaircie dans ce sombre tableau : une femme, secourue par les pompiers, a accouché dans l'ambulance. La maman et l'enfant se portent bien, a-t-il ajouté.
Le plan rouge a été déclenché. D'importants moyens ont été dépêchés sur place, plus de 160 hommes et 43 engins venus de 21 casernes. Les pompiers avaient été appelés vers 01h10.
Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité, a indiqué que la tour où vivaient 118 familles allait être entièrement évacuée dimanche. "Dès ce soir, des propositions de relogement dans des hôtels vont être faites aux familles", selon le maire.
Les familles devraient réintégrer leur logement dans trois semaines au plus tard.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a exprimé sa "très vive émotion" et affirmé "le soutien déterminé de l'Etat" aux familles des victimes.
"J'ai été réveillé par l'odeur de la fumée, ma chambre était pleine de fumée", a témoigné un habitant du 1er étage de la tour.
"J'ai été réveillé par l'odeur de la fumée, ma chambre était pleine de fumée", a témoigné un habitant du 1er étage de la tour, Jean-Luc Quinson, 49 ans. "J'ai entendu des cris dans l'immeuble. J'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu des flammes de 2/3 mètres". Il a immédiatement appelé les pompiers, qui lui ont conseillé de se calfeutrer chez lui.
Le bilan aurait pu être beaucoup moins lourd si les habitants, pris de panique en raison de la "psychose ambiante", n'avaient pas ouvert leur porte d'entrée, créant un appel d'air qui a permis à la fumée de se propager dans l'immeuble, a expliqué le capitaine Cros.
"Il s'agit d'une tour d'habitation et cela n'a rien à voir avec les incendies des squats parisiens", a-t-il par ailleurs souligné.
Dix-sept personnes, dont quatorze enfants, sont décédées dans la nuit du 25 au 26 août dans l'incendie d'un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris squatté par des familles africaines. Quatre jours plus tard, sept Ivoiriens, dont quatre enfants, ont péri dans un autre immeuble squatté, à Paris (IIIe).
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