Un hydrocarbure source des malaises à l'hôpital de Marseille ?

Publié le par Le Net Et Ses Dangers

   Un hydrocarbure source des malaises à l'hôpital de Marseille ?

MARSEILLE : La direction de l'hôpital Nord de Marseille a confirmé jeudi la présence "anormalement élevée" de produits industriels à proximité immédiate du bloc opératoire, dont le personnel médical a été victime de malaises inexpliqués ces derniers jours.

Dans l'attente de résultats complémentaires, les opérations d'urgence et les opérations lourdes ont été réorientées vers les autres centres hospitaliers de Marseille pour une "durée indéterminée", a précisé le directeur du centre hospitalier Gilles Halimi.

"Il y a des produits industriels en quantité anormalement élevée dans certaines zones du bloc opératoire. On veut savoir quels sont les risques avant de le rouvrir", a-t-il expliqué.

"On en a retrouvé une quantité anormalement importante dans un bureau du bloc opératoire et en quantité négligeable, donc pas significative, dans les salles d'opération", a-t-il précisé.

Le produit incriminé est le toluène, un hydrocarbure benzénique entrant dans la composition de peintures et de solvants, qui peut provoquer une irritation des voies respiratoires et des vomissements. A forte dose, il est susceptible d'entraîner des troubles du système nerveux.

Selon la CGT, qui s'est procuré les résultats d'analyses effectuées par une société privée, des traces de toluène ont été trouvées dans l'air du bloc opératoire du deuxième plus grand centre hospitalier de la ville.

Les syndicats ont fait valoir leur "droit de retrait" et les 80 personnes travaillant dans le bloc opératoire n'ont pas repris le travail. Les douze salles d'opération et la salle de réveil sont restées fermées.

"Des travaux ont été effectués du 8 au 19 août pour installer des gaines de désenfumage, ce qui pourrait expliquer la présence de cette substance", a expliqué à Reuters Danielle Ceccaldi, déléguée CGT.

"C'est également un produit qui était encore utilisé il y a quelques années avant d'être définitivement interdit", a-t-elle souligné.

Au total, plus d'une vingtaine de personnes sur les 80 rattachées au bloc opératoire ont signalé des malaises, qui se sont principalement traduits par des nausées, des maux de tête et des vomissements. Aucun patient n'a été victime de ce mystérieux mal.

Une réunion de l'Agence régionale d'hospitalisation s'est tenue jeudi après-midi, avant une nouvelle réunion de la cellule de crise mise en place à l'hôpital Nord.

Selon Gilles Halimi, des investigations complémentaires vont être menées par un laboratoire spécialisé dans les risques industriels pour tenter de trouver une corrélation entre le produit incriminé et les symptômes développés par le personnel depuis le 11 août dernier.

"Le mystère reste entier dans la mesure où nous n'avons pas encore découvert de cause significative à ces troubles", a conclu le responsable hospitalier.
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