Sarkozy veut réduire la pauvreté d'un tiers
Sarkozy veut réduire la pauvreté d'un tiersA l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le chef de l'Etat a rappelé vouloir faire de cette question un "enjeu politique".
Il en avait fait une des priorités de sa campagne, il entend désormais essayer de la mettre en place. "Je souhaite que la question du pouvoir d'achat devienne une véritable priorité nationale et qu'elle trouve, à ce titre, toute sa place dans les négociations entre les partenaires sociaux", a déclaré M. Sarkozy. "Les négociations sur les salaires, il n'y en a pas eu depuis la loi sur les 35 heures, je défie quiconque de me prouver le contraire", a-t-il poursuivi. "Quand on explique aux salariés d'une entreprise qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas", il ne faut pas "dans la même entreprise qu'il y ait de l'argent pour le haut", a insisté le chef de l'Etat. "S'il y a de l'argent pour le haut, c'est qu'il doit y avoir de l'argent pour le bas", a-t-il martelé.
"J'ai voulu prendre un risque : fixer un objectif de réduction de la pauvreté", a-t-il poursuivi. "J'ai en effet fixé au gouvernement l'objectif de réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays (...) J'ai voulu nous mettre dos au mur pour rendre des comptes aux Français." Cet objectif "engage tous les ministres, quel que soit leur champ d'action", a ajouté le chef de l'Etat. "J'ai demandé à Martin Hirsch, à qui je veux redire mon amitié et ma confiance, d'être le gardien de cet objectif."
"Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre" : Nicolas Sarkozy a estimé que le Haut commissaire aux solidarités actives, un des symboles de sa politique d'ouverture vers la gauche, serait un gardien "vigilant parce qu'il est actif et qu'il n'est pas une personnalité à la colonne vertébrale fragile". "Cela fait 20 ans que, gauche et droite confondues, on cherche à agir sur les conséquences alors qu'il faut avoir le courage de s'attaquer aux causes", a-t-il fait valoir. "Je ne veux pas gérer la pauvreté, je veux la combattre." A la veille d'une journée de mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, le chef de l'Etat a dit vouloir faire du pouvoir d'achat une "véritable priorité nationale" qui trouve "toute sa place dans les négociations entre les partenaires sociaux".
Il a fait allusion au passage à son projet d'alignement des régimes spéciaux sur le régime général de la fonction publique et à sa méthode de réforme : "Je ne cèderai pas sur l'essentiel mais je suis prêt à discuter sur le reste", a-t-il dit. Il a par ailleurs annoncé que la prime exceptionnelle de Noël serait bien versée cette année aux bénéficiaires du Revenu minimum d'insertion (RMI) et de l'allocation spécifique de solidarité, dans l'attente de la mise en oeuvre d'un "revenu de solidarité active" aujourd'hui au stade de l'expérimentation. "Je ne veux pas prendre le risque que ce que je dis (...) soit caricaturé", a-t-il expliqué. Il a ainsi déclaré que le "Grenelle de l'insertion", qui sera lancé fin novembre, serait l'occasion d'établir un "diagnostic partagé sur les situations de pauvreté afin de "remettre à plat les politiques destinées à y remédier".