Enis a subi des "sévices sexuels"
Enis a subi des "sévices sexuels"Le ravisseur présumé devrait être mis en examen vendredi pour "enlèvement" et "viol aggravé" de l'enfant de 5 ans retrouvé mercredi à Roubaix. Il sortait tout juste de prison pour des actes de pédophilie et était sous "surveillance judiciaire". Il a "déjà en partie reconnu" les faits, selon le parquet.
Son ravisseur a déjà été condamné pour des agressions sexuelles sur mineurs et est sorti de prison il y a un mois. Enis, l'enfant de 5 ans enlevé mercredi lors de la braderie à Roubaix et retrouvé moins de 10 heures plus tard, a été victime de "sévices sexuels", a confirmé jeudi la vice-procureur de Lille. Son ravisseur présumé devrait être mis en examen vendredi pour "enlèvement" et "viol aggravé".
Le parquet a affirmé que "les premières déclarations de l'enfant" selon lesquelles il a subi des sévices sexuels ont déjà été "en partie reconnues" par le ravisseur présumé. Au moment de l'interpellation à minuit dix dans un garage fermé que le suspect louait dans le centre de Roubaix, "l'enfant était déshabillé et lui partiellement déshabillé". L'homme, arrêté mercredi soir tard, après la diffusion de l'Alerte enlèvement, et placé en garde à vue à Lille, a déjà été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour attentats à la pudeur sur mineurs, en 1985 à 4 ans de prison pour des faits identiques et en 1989 à 27 ans de réclusion criminelle, dont deux tiers de sûreté, pour viol sur mineur de 15 ans. Il a été libéré le 2 juillet après "avoir effectué toute sa peine". Il n'a respecté "aucune des obligations" de la "surveillance judiciaire"
Le ravisseur présumé d'Enis était sous "surveillance judiciaire" depuis sa libération le 2 juillet à cause de sa "dangerosité" car il y avait "risque de récidive", a expliqué le parquet. Il devait notamment suivre un traitement hormonal. Il devait être sous "surveillance judiciaire" jusqu'en décembre 2013. "Il avait pour obligation de répondre aux convocations du juge d'application des peines (JAP), de prévenir de tout déplacement et de toute installation hors de la région considérée, et de s'abstenir de tout contact avec des mineurs", selon le parquet.
Mais "il n'a respecté aucune de ces obligations". Il avait "déclaré une adresse à Rouen" mais il "avait omis de signaler son déplacement au JAP et était déjà, nous le savons maintenant, depuis plusieurs jours dans la région, et notamment à Roubaix".
Enis "n'est pas méfiant" : Agé de 61 ans, il a été interpellé mercredi soir alors qu'il se trouvait avec l'enfant dans un parking, un box fermé, qu'il louait à Roubaix. "Plusieurs témoignages, recueillis par la cellule alerte enlèvement, et d'autres, comme celui d'un chauffeur de taxi qui l'avait pris en charge, ont ensuite permis d'identifier et de localiser" le ravisseur présumé dans ce box. Depuis, Enis était en observation "pour un bilan de santé" au centre hospitalier de Lille.
Le ravisseur présumé vivait depuis sa sortie de prison dans le box, situé à moins de cinq kilomètres de la maison d'Enis, "où il entreposait des meubles", quand il n'était pas à l'hôtel. Selon le témoignage de Mustafa Kocakurt, le père d'Enis, son fils "n'est pas méfiant. Il jouait à côté de la maison comme il le fait souvent" quand il a été enlevé.
Bruxelles félicite Paris : Cette affaire repose la question de la récidive en matière d'agressions sexuelles. Nicolas Sarkozy tiendra lundi à ce sujet une réunion ministérielle à l'Elysée. Le Premier ministre, ainsi que les ministres de l'Intérieur, de la Santé et de la Justice seront présents. Cette dernière a souligné jeudi le fait que "le plan Alerte enlèvement mis en place en France depuis février 2006" venait "de démontrer à nouveau son efficacité". Dispositif d'alerte massive et immédiate, calqué sur un modèle américain, le plan Alerte Enlèvement a été activé quatre fois depuis sa mise en place. A chaque fois avec une issue heureuse.
A tel point que la Commission européenne a félicité jeudi les autorités françaises pour leur système "rapide et efficace" ayant permis de retrouver le garçonnet, en prônant l'instauration d'un "réseau européen" similaire.